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Augmentez les salaires: oui, mais...

Tresor Christian Dube
Photo Simon Clark Il ne faudrait pas que cela soit perçu comme une espèce de solution miracle.

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La dernière offre du gouvernement dans le cadre des négociations visant le renouvellement des conventions collectives des travailleurs de l’État propose une augmentation de l’ordre de 18 % du salaire des préposés aux bénéficiaires (PAB). 

Selon le document publié par le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, un PAB gagnant actuellement 42 000 $ par année verrait sa rémunération annuelle passer à 51 000 $, soit un taux horaire de 26,89 $. 

Responsable 

Cette proposition semble tout à fait juste. Bien sûr, nous voudrions tous que ces valeureuses travailleuses et valeureux travailleurs gagnent encore plus étant donné l’importance de leur travail. 

Mais il faut quand même reconnaître que dans le contexte actuel, il faut tout particulièrement tenir compte de la capacité de payer de l’État. Ainsi donc, le 18 % semble être un juste milieu. 

Bien sûr, il faudra aussi évaluer l’impact d’une telle hausse sur les résidences privées, qui devront concurrencer le réseau public et ainsi absorber une hausse de leurs coûts. 

Pas magique 

Mais là n’est pas ma principale préoccupation. Elle réside plutôt dans l’importance que nous accordons à l’argent dans notre volonté ultime d’améliorer les conditions de vie de nos aînés vivant en CHSLD. 

Comprenez-moi bien. Je ne dis pas que ce n’est pas un facteur dans notre incapacité chronique à attirer, puis maintenir en poste nos PAB. Nous nous devons d’augmenter substantiellement leurs émoluments. 

Seulement, il ne faudrait pas que cela soit perçu comme étant une espèce de solution miracle qui corrigera tous les travers de notre système. 

Parce que le cash, ce n’est pas tout dans la vie. De surcroît, il serait plutôt douteux que notre argument de vente principal devienne la hauteur du salaire. 

Je ne suis pas chaud à l’idée que des gens soient attirés vers un secteur d’emploi aussi névralgique, uniquement pour améliorer leur sort. 

Car c’est une vocation la profession de préposé aux bénéficiaires. 

Oui, le salaire compte. Mais les conditions de travail générales aussi. Quand vous demandez à des personnes de se fendre en quatre dans un réseau totalement dysfonctionnel, centralisé et lourd, qui ne les écoute pas, ce n’est pas le salaire qui va faire la différence. 

Quand la vétusté des installations est telle que vous avez l’impression de travailler dans le tiers-monde, que chaque canicule est accueillie comme si c’était une surprise et que vous suffoquez, ce n’est pas le salaire qui va faire la différence. 

Quand vous avez l’impression de ne pas être suffisamment protégé dans une période comme celle que l’on vit, par manque d’équipement ou en raison de directives floues, ce n’est pas le salaire qui va faire la différence. 

Je le répète. Oui, il faut améliorer la rémunération des PAB. Mais il faut aussi revaloriser la profession, corriger les aberrations du système, écouter les doléances venant du terrain. 

C’est un changement global que nous devons opérer. Pas seulement un ajustement sur un slip de paie.