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Commerce de détail: la brique et le mortier vont rester, dit un patron de Best Buy

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La brique et le mortier ne disparaîtront pas de sitôt dans le commerce de détail, et ce, malgré les impacts de la pandémie, répond le président exécutif de Best Buy, Hubert Joly.  

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« On le voit bien, même Amazon aux États-Unis investit dans des magasins et des points de vente physique ! » 

Mercredi, celui qui a piloté le redressement du détaillant américain à partir de 2012, notamment la disparition de l’enseigne Future Shop, a donné une vidéoconférence devant des gens d’affaires du Québec. L’événement était organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). 

Comme plusieurs autres grands détaillants, Best Buy a vu ses revenus influencés par la fermeture de ses magasins en raison de la pandémie. La chute a toutefois été limitée à 6,3 % entre février et mai par rapport à cette même période en 2019, peut-on lire dans des documents financiers.  

Cette performance, sans trop d’ecchymoses, s’explique par une explosion des ventes en ligne du groupe au Canada, aux États-Unis et au Mexique de 155,4 %. Le programme de collecte de la marchandise sans contact dans les magasins a aussi permis de maintenir une santé financière. 

« Les dinosaures vont mourir » 

M. Joly, qui a cédé sa chaise de PDG de Best Buy en juin 2019 à Corie Barry, n’a pas été en mesure de dire, mercredi, si le détaillant spécialisé en électronique avait l’intention de fermer encore des points de vente. L’an dernier, 24 succursales de l’organisation ont cessé leurs activités. 

« Avec le choc de la crise, nous avons une situation où les entreprises devront continuer à se réinventer pour survivre », a répondu celui qui croit toujours à l’importance d’avoir des magasins physiques.  

« C’est un atout considérable. [...] Les magasins ont un rôle clé à jouer. Si une entreprise se définit en fonction de ses atouts physiques et non pas en fonction de sa finalité et des clients, elle risque toutefois de mourir », dit-il.  

Ce dernier, qui prône un mariage entre le web et les magasins, est d’avis que les consommateurs aiment encore évaluer la qualité d’une image ou le son d’un appareil avant de réaliser un achat. 

Selon M. Joly, les 12 à 24 prochains mois seront « très difficiles » dans son industrie. Pour plusieurs entreprises, il ne faudra pas juste « redémarrer » les activités, mais bien faire un « reset » du modèle d’affaires. 

« Le choc de cette crise, c’est un peu comme si un astéroïde frappait la Terre. Les dinosaures vont mourir. On le voit, il y a des entreprises dont le modèle d’affaires était déjà affaibli, comme Neiman Marcus, J. C. Penney ou J.Crew », conclut le président, concédant que certaines chaînes pourraient être tentées de quitter des marchés pour protéger leurs finances. 

Best Buy compte 1225 magasins, dont 172 au Canada.