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Conflits et disparition de narcotiques: les points marquants du rapport des Forces armées

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Le rapport d’observation sur la situation dans les CHSLD au plus fort de la pandémie de COVID-19 permet de faire la lumière sur trois grandes problématiques : la difficulté à créer des zones froides, tièdes et chaudes, le manque de discipline dans le port d’équipement de protection, et le manque de personnel criant.

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TVANouvelles.ca a épluché le rapport de 60 pages afin de faire ressortir quelques points marquants des observations militaires. En voici quelques-uns.   

CONFLITS D’EMPLOYÉS  

Le Centre d’hébergement Saint-Laurent, situé sur le boulevard Côte-Vertu, et qui compte 147 résidents, a enregistré un taux d’infection à la COVID-19 de 54% au plus fort de la crise, ce taux est en baisse depuis.   

Les militaires ont noté à cet endroit des conflits entre les employés civils réguliers et ceux qui proviennent d’autres centres.   

«Ces conflits portaient principalement sur le nombre d’heures de travail, la gestion de l’établissement, l’assiduité des employés et le manque important d’infirmières. Un coordonnateur a menacé d’arrêter de travailler si des infirmières supplémentaires n’étaient pas embauchées. Nous avons remarqué que des employés s’absentaient sans préavis pendant leur quart de travail», indique le rapport.   

MANQUE D’ASSIDUITÉ DU PERSONNEL et 2e VAGUE  

Les militaires déployés au Centre de soins prolongés Grace Dart ont dû faire face à une foule de problèmes indique le rapport des Forces armées daté du 27 avril dernier.   

Ce qui s’apparente à une deuxième vague de la maladie a été observé, contaminant les bénéficiaires et les employés, situation maintenant stabilisée.  

«En date du 16 mai 2020 selon les estimations, nous comptons 64 décès, le taux de contamination des résidents est de 40% et le taux de contamination des employés est aux alentours de 49% (88/180).»  

Le manque de discipline dans le port de l’équipement de protection individuel serait en cause, ainsi que le non-respect des consignes quant aux zones chaudes et froides.  

«Initialement, nous avons évalué que la prévention et le contrôle de la contamination ne respectaient pas les normes établies par le CIUSSS.   

Malgré le mentorat sur le port des équipements de protection, les militaires ont continué à constater des bris de sécurité.  

«Il y a encore quelques employés qui ne respectent pas ces consignes. Il est noté que ce sont les employés civils qui reprennent leurs collègues pour le port des ÉPI, depuis quelques jours.»  

Le manque d’assiduité de certains employés a également été remarqué par les militaires.   

«Plusieurs arrivaient en retard pour leur quart et s’absentaient pendant de longues périodes (30 min à deux heures). Nous avons remarqué que certains employés quittent leur poste durant leur quart de travail en raison de la présence des militaires, principalement durant les quarts de nuit et de soir.»  

Le centre manque également de médecins de garde pour le constat de décès.   

DISPARITION DE NARCOTIQUES ET D’ÉQUIPEMENTS  

Le CHSLD Vigi Mont-Royal a certainement enregistré le plus haut taux d’infection à la COVID-19 sur le territoire Montréalais avec 100% des résidents infectés, selon un rapport du 26 avril dernier.    

«Lors de la première semaine de soutien, les réserves d’ÉPI disparaissaient (une commande de 20 boîtes de masques chirurgicaux était introuvable). L’inventaire d’ÉPI est maintenant sous le contrôle des aides de services, qui en surveillent les niveaux et s’assurent que les commandes soient faites en temps opportun. [...] Une livraison de narcotiques semble avoir disparue et l’approvisionnement au sein des unités de soins est difficile. Un manque d’équipement médical est souvent noté lors des changements de quart et les militaires ont dû intervenir à plusieurs reprises pour offrir des solutions afin de permettre au personnel soignant d’effectuer leur travail de manière sécuritaire.»  

Encore à ce centre, il est difficile pour les employés de respecter scrupuleusement les consignes du port de l’équipement de protection.   

«L’installation d’une zone d’habillage à l’entrée de l’établissement a contribué à sensibiliser les employés aux bonnes pratiques en matière de protection individuelle. Nous sommes témoins quotidiennement d’employés ne respectant pas les protocoles mis en place par l’établissement. Le CHSLD a été désinfecté totalement par une entreprise en désinfection industrielle. Un rapport produit le 12 mai indique qu’il n’y a pas d’aérosolisation du virus dans l’établissement. Les mesures de protection ont depuis été diminuées.»  

La gestion du centre posait également un sérieux défi.   

Le gestionnaire envoyé par le CIUSSS pour gérer la crise a été affecté par la COVID-19, ce qui a ébranlé l’organisation déjà fragilisée. Une nouvelle gestionnaire a été détachée par le CIUSSS.  

Par ailleurs, le CHSLD Vigi Mont-Royal a connu de nombreux incidents et des ajustements importants ont été mis en place par les militaires.  

«Il est rare qu’il n’y ait un jour où une situation ne perturbe pas la routine opérationnelle quotidienne de l’établissement», indique le rapport.   

MANQUE RÉGULIER D’ÉQUIPEMENT  

Les employés du Centre d’hébergement Saint-Laurent, qui comptait approximativement 54% de résidents infectés, ont dû faire face à un manque d’équipement.   

«Nous avons remarqué un certain manque d’équipement médical qui nécessite parfois de l’improvisation de la part des infirmiers afin d’accomplir les tâches requises. Un manque régulier d’équipement crée des pertes de temps pour le personnel soignant et a un impact sur la qualité des soins. Nos équipes d’aides aux services apportent le mentorat nécessaire afin d’améliorer la situation», précise le rapport.   

Comme dans d’autres centres, les mesures de prévention semblent partiellement mises en place et certains employés ne respectent pas les mesures d’hygiène et ne se changent pas entre les chambres chaudes et froides.   

GESTIONNAIRES ET SOIGNANTS  

Au CHSLD Manoir-de-Verdun, la surcharge de travail chez les gestionnaires a été remarquée par les militaires déployés.   

À cet endroit, du personnel de la direction doit également prodiguer des soins aux bénéficiaires  

«Nous remarquons une grande volonté, mais une difficulté dans la planification et la coordination du travail à faire, probablement dû à la surcharge de travail des gestionnaires qui ont un double chapeau de personnel prodiguant les soins et de gestionnaire.»  

La situation s’est toutefois améliorée selon les Forces.  

INFIRMIÈRE MILITAIRE AU TRAVAIL  

Au CHSLD Benjamin-Victor-Rousselot, situé dans le quartier Mercier à Montréal, le men le mentorat offert par le personnel des FAC est apprécié.   

Une infirmière militaire sur place aide à la communication et à la formation sur l’utilisation des équipements de protection personnelle et s’implique dans l’élaboration d’un plan pour l’arrivée des nouvelles admissions de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.  

Ce CHSLD, qui a enregistré une éclosion au deuxième étage entre le 9 et le 13 mai, accueille plusieurs patients transférés de l’Hôpital-Maisonneuve-Rosemont. La situation s’est stabilisée depuis, indique le rapport.   

«Il est à noter que le transfert anticipé de plusieurs patients de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont pourrait faire changer ce constat.»

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