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Fermeture d’une institution à Saguenay

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SAGUENAY – La COVID-19 a fait sa première victime dans le domaine de la restauration au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le restaurant La Normandise situé au centre commercial Place Centre-Ville Jonquière, à Saguenay, ferme définitivement ses portes après plus de 30 ans d'existence.

Les employés et la direction du centre commercial de l'arrondissement de Jonquière ont été avisés de cette fermeture mardi soir.

Guylaine Brassard et Suzie Bergeron sont devenues propriétaires du restaurant il y a 11 ans.

Elles ont analysé plusieurs scénarios avant de prendre cette difficile décision de fermer.

«On n'est plus capables d'étirer l'élastique, a dit Mme Bergeron. Nos dettes s'accumulent depuis que le gouvernement nous a fermées en mars dernier. C'est toujours un casse-tête continuel de se demander si je vais être capable de payer mes dépenses à la fin du mois.»

Elles sont épuisées moralement et le soutien financier de 40 000 $ octroyés par le gouvernement fédéral aux entreprises n'est pas suffisant, selon elles, pour les aider à se relever ou, encore, à modifier la configuration de leur restaurant de manière à respecter la distanciation sociale.

«Oui, le gouvernement a donné, mais il n'a pas tout calculé, a précisé Suzie Bergeron. Tenir quelque chose d'ouvert quand tu sais que ça ne pourra pas marcher, c'est pas facile.»

Les deux femmes avaient tissé des liens avec leurs clients réguliers.

«On aurait préféré que ça se termine autrement, mais le COVID-19 nous a emportées nous aussi», a lancé tristement Guylaine Brassard.

Cette fermeture ne surprend pas les propriétaires du restaurant Le Trio situé sur la rive nord de l'arrondissement de Chicoutimi à Saguenay.

Le restaurant poursuit ses activités uniquement en offrant des commandes à emporter, mais ça ne représente que 10 à 15 % de la clientèle habituelle.

«À partir du mois prochain, si je n'ai rien pour m'aider, il faut que je commence à fouiller dans mes poches pis ma poche elle a un fond», a dit le copropriétaire, Benoit Gaudreault, qui tente par tous les moyens de se renflouer.

«La semaine prochaine, je veux offrir aux petits commerçants du secteur d'aller faire des petites livraisons à pied, a-t-il expliqué. Les coiffeuses vont recommencer et elles n'auront peut-être pas le temps de sortir pour aller manger.»

«On essaie de se débrouiller le plus possible pour pouvoir payer nos frais fixes qui demeurent malgré la crise», a ajouté sa conjointe et copropriétaire du restaurant, Joanne Potvin.

Le couple ne veut pas non plus avoir à utiliser l'aide financière de 40 000 $ octroyée par le gouvernement sous forme de prêt.

«Si jamais le restaurant fait faillite un jour, c'est mon nom personnel qui est sur le prêt et c'est moi qui va devoir l'absorber», a soutenu M. Gaudreault.

Ils demandent au gouvernement de fixer rapidement une date de réouverture et de leur fournir, le plus vite possible, des indications sur les règles à suivre pour réorganiser les lieux de manière sécuritaire.

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