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Le Parlement français vote sur le traçage numérique, outil controversé

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PARIS | C’est un débat clivant en France sur le numérique et les libertés individuelles: le Parlement va voter mercredi pour ou contre StopCovid, une application pour téléphone intelligent censée aider à lutter contre l’épidémie en traçant les «cas contacts», mais qui suscite des inquiétudes. 

Concrètement, sur la base du volontariat, cette appli permettra à une personne positive au coronavirus d’alerter automatiquement tous les utilisateurs avec lesquels elle a eu un «contact prolongé» récemment, à moins d’un mètre et durant plus de quinze minutes, afin qu’ils se fassent tester à leur tour. La fonction Bluetooth du téléphone est utilisée, donc pas de géolocalisation. 

Le débat sur cette application démarre à 15 h locales à l’Assemblée nationale et dans la soirée au Sénat. Il sera suivi de votes non contraignants pour le gouvernement. 

«Sous réserve du vote au Parlement, l’application pourra être disponible dès ce weekend», afin d’accompagner la deuxième phase du déconfinement en France le 2 juin, a indiqué le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O.  

«Ce que montrent les travaux des épidémiologistes, c’est qu’elle est utile dès les premiers téléchargements (...) Pour avoir une efficacité sur un bassin de vie, il faut un peu moins de 10 % d’utilisateurs», a-t-il affirmé mercredi sur la radio Europe 1. 

Le gouvernement n’a eu de cesse de souligner le caractère «volontaire», «anonyme» et «temporaire» de cette application. 

Mardi, la Commission nationale française informatique et libertés (CNIL) a donné son feu vert. Elle estime que StopCovid respecte la législation relative à la vie privée, tout en réclamant une évaluation régulière et une information détaillée pour les utilisateurs. 

Mais cela ne suffira pas à éviter une discussion enlevée à l’Assemblée et au Sénat français. 

Si une large part des parlementaires issus du parti présidentiel LREM devaient soutenir l’exécutif, certains souhaitent s’abstenir ou voter contre comme le député Sacha Houlié, opposé à «ce type d’outils. C’est une question de principe». 

Contrairement à d’autres pays, le gouvernement français a choisi de ne pas passer par les solutions de Google et Apple, et de recourir à un outil bâti par des chercheurs d’INRIA, l’institut français de recherche en informatique.  

Les développeurs ont donc dû plancher pour que leur solution soit compatible avec un maximum de mobiles, notamment les iPhone d’Apple. 

StopCovid fonctionnera «très bien» sur iPhone, a assuré Cédric O, même si des problèmes techniques persistaient sur certains «vieux téléphones» et des modèles de la marque à la pomme. 

La droite française est partagée sur cette application: «massivement contre» à l’Assemblée, mais plutôt pour au Sénat. 

À gauche, les différents groupes parlementaires s’y opposent. 

Plusieurs organisations de défense des libertés en France ont aussi pris position contre l’application.