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Beaucoup d’inquiétude dans la restauration

« On va pouvoir rouvrir, mais pour qui ? » - Jérôme Ferrer

Gabriel Gallant
Photo Chantal Poirier Julien Coulombe-Morency, Ngoc-An Trinh et Gabriel Gallant, du Monopole café & buvette, savent qu’il sera impossible de survivre uniquement avec une salle qui accueille des clients à deux mètres de distance.

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Des restaurateurs soulagés d’apprendre que leur établissement pourrait rouvrir avant la fin de l’été savent toutefois qu’il sera impossible de recevoir leurs clients comme avant la crise de la COVID-19.

« On va pouvoir rouvrir, mais pour qui ? Les clients seront-ils au rendez-vous ? » s’inquiète le chef Jérôme Ferrer, qui est à la tête du groupe Europea.

Ce dernier réagissait au fait que la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a indiqué jeudi matin sur les ondes de LCN que la « santé publique et la CNESST vont présenter très prochainement la première phase » de réouverture des restaurants en raison de la COVID-19.

« Beaucoup comme moi se font du souci parce qu’on n’a pas d’information sur ce qui sera fait pour nous aider à attirer des clients au niveau touristique », poursuit M. Ferrer, qui a une pensée pour ses collègues en région qui, comme lui, font une partie de leur revenu grâce aux touristes.

« Vous avez vu les mesures mises en place dans les commerces comme la protection et la distanciation ? On ne devrait pas y échapper », précise François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec, qui travaille sur un plan de relance avec le gouvernement depuis deux semaines.

Plus de plaisir

Avec des serveurs et des clients qui risquent d’être masqués et des salles à la moitié de leur capacité, Martin Juneau, chef et copropriétaire du restaurant Pastaga à Montréal, notamment, se demande encore s’il recommencera à recevoir des clients en salle à manger.

« Ce qui rend en partie l’expérience agréable en restauration, c’est la proximité et ce ne sera pas possible. [...] L’ambiance risque de ne pas être agréable avec des gens qui s’inquiètent d’attraper le virus, et ce n’est pas nécessairement ce que je veux offrir », explique M. Juneau, qui pourrait décider de se concentrer éventuellement sur les repas à emporter, comme il le fait depuis le début de la crise.

« On va devoir continuer de miser sur le take out. S’il faut respecter deux mètres de distance entre les clients, on va avoir 8 ou 10 personnes en salle au lieu de 60 », conclut le copropriétaire du Monopole café & buvette à Montréal, Gabriel Gallant.