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Ils ont peur d’être des vecteurs de transmission du virus

Les auxiliaires familiales déplorent le manque d’équipement de sécurité

Charles Morissette prend tous les moyens pour éviter de propager le virus entre chaque déplacement dans les résidences pour personnes âgées où il doit travailler.
Photo Jean-Francois Desgagnés Charles Morissette prend tous les moyens pour éviter de propager le virus entre chaque déplacement dans les résidences pour personnes âgées où il doit travailler.

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Les auxiliaires familiales qui assurent les soins à domicile craignent d’être des vecteurs de la COVID en raison du grand nombre de visites notamment dans des résidences pour personnes âgées et du manque d’équipement de sécurité. 

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«Les soins à domicile, ça va être les CHSLD plus tard», prévient Nathalie Bourque, porte-parole de l’Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec. Les auxiliaires familiales et sociales (AFS) exercent le travail de préposés aux bénéficiaires sur le terrain afin d’assurer le maintien à domicile. 

Les énergies étant concentrées en CHSLD au début de la crise, les AFS racontent avoir eu beaucoup de directives contradictoires depuis trois mois. «Au début, on nous demandait de sécher le masque sur le rétroviseur quand il était mouillé», explique Mme Bourque.  

Sauf que le manque d’équipement continue d’être «stressant» pour ceux qui visitent jusqu’à 10 personnes vulnérables par jour.  

Charles Morissette, qui travaille comme AFS à Québec, explique qu’il lui arrive encore en ce moment de visiter jusqu’à cinq résidences de personnes âgées par jour bien que le nombre de visites a été restreint. Il visite alors des gens qui sont dans des complexes pour personnes autonomes, mais qui ont besoin de soins que n’offre pas la résidence en question. «On vient pallier», explique-t-il.  

Malgré des procédures – appel des clients pour s’informer sur de possibles symptômes, prise de température à l’entrée des résidences de personnes âgées –, M. Morissette craint toujours d’être un vecteur du virus. «C’est embêtant et stressant, on ne veut tuer personne parce qu’on est des vecteurs», raconte-t-il. 

Les mêmes vêtements 

Le stress vient principalement du fait que les AFS conservent leur vêtement de travail toute la journée et passent d’un client à un autre sans se changer. Ceux-ci ont accès à peu de blouses qu’ils doivent utiliser seulement s’ils sont en contact avec une personne infectée.  

Or, le risque vient aussi de possibles cas asymptomatiques. «Si je m’accroche sur un lit, puis sur le lit d’une autre cliente, il peut y avoir de la contamination», raconte une AFS de Laval qui a reçu une seule blouse de protection depuis le début de la crise.  

«Notre auto, nos souliers peuvent être contaminés», ajoute celle qui ne veut pas être identifiée.  

À Laval, au moins six AFS ont été placés en isolation après avoir été infectés. Or, certains clients ont besoin de quatre soins par jour. «Parfois c’est quatre personnes différentes. C’est beaucoup de visites, beaucoup de contacts».  

Plus de jaquettes 

Avec le déconfinement, les AFS sont convaincus que les risques de contamination sont plus grands. «On le transporte le virus, donnez-nous l’équipement nécessaire», demande la présidente de l’Association, Hélène Lauzé.  

Les préposés des soins à domicile rappellent que ceux-ci donnent des bains, nourrissent les clients ou les couchent, des gestes répétés jusqu’à 10 fois par jour. «C’est un travail de proximité, on est tout le temps collés.»  

Ceux-ci se sont déjà faits à l’idée qu’ils n’auraient pas en leur possession des masques N95 pouvant les protéger, mais espèrent avoir des jaquettes pour protéger leur client.  

«On demande des jaquettes pour chacune de nos visites, le soir on va les entretenir au pire», dit Mme Bourque en parlant des blouses réutilisables.  


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