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Jusqu’à 80% de cas de «COVID silencieux»

Une étude démontre que des patients infectés mais asymptomatiques seraient plus nombreux qu’estimé

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La prévalence des gens porteurs de la COVID-19, mais qui sont asymptomatiques, pourrait être beaucoup plus grande qu’estimée, d’après une étude qui soulève des questions par rapport au déconfinement en cours.

Cette étude publiée dans la revue Thorax du British Medical Journal a étudié la prévalence des gens asymptomatiques sur un groupe de passagers confinés dans un navire où est survenue une éclosion.

Parmi les 128 passagers dont les tests ont été positifs, un total de 104 n’éprouvait aucun symptôme, soit 80 %. Une statistique qui fait dire aux experts que la proportion de gens porteurs de la COVID-19 sans jamais développer de symptômes est peut-être beaucoup plus grande qu’estimée.

Inquiétant pour le déconfinement

Ce constat est d’autant plus préoccupant que de plus en plus de pays du monde mettent actuellement en place des mesures de déconfinement.

« Alors que les pays sortent de l’isolement, une proportion élevée d’individus infectés, mais asymptomatiques, peut signifier qu’un pourcentage beaucoup plus élevé de la population que prévu pourrait avoir été infecté par la COVID-19 », souligne de son côté le professeur Alan Smyth, éditeur en chef de la revue médicale, appelant ces cas les « COVID silencieux ».

Chose certaine, l’estimation de cas asymptomatiques de 1 % faite par l’OMS début mars semble de moins en moins réaliste. Selon le professeur Smyth, c’est pourquoi il est de plus en plus urgent de procéder à une évaluation plus réaliste du nombre de cas, « probablement largement sous-estimé ».

« Ces personnes peuvent être immunisées contre la COVID, mais cela démontre tout de même le besoin urgent d’études de séroprévalence précises pour estimer le taux global d’infection de la population à travers le monde », suggère l’expert britannique.

L’étude en question a été menée parmi l’équipage et les passagers d’un navire qui devait procéder à une mission scientifique en Antarctique. Il s’agit d’un terrain d’évaluation intéressant puisque rien n’a pu interférer dans les résultats, le bateau étant complètement coupé de contacts avec le monde pendant 28 jours.