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L’ancien maire de Beauport Jacques Langlois meurt de complications cardiaques

Jacques Langlois lors d'un point de presse en 1992
Photo d'archives Jacques Langlois lors d'un point de presse en 1992

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Une autre figure marquante de la politique municipale à Québec s’est éteinte. Jacques Langlois, qui a dirigé l’ancienne ville de Beauport pendant 17 ans, est décédé mercredi à la suite de complications cardiaques.

Dernier maire de Beauport, avant son annexion à la Ville de Québec, il a été à la tête de cette ville de banlieue de 1984 à 2001. Tout en restant maire, il avait tenté sa chance au provincial en 1998 dans Montmorency pour les libéraux mais il avait été défait par Jean-François Simard.

Il a par la suite présidé l’arrondissement de Beauport dans la nouvelle ville fusionnée, entre 2002 et 2005, en plus d’être chef de l’opposition officielle de 2001 à 2004 avec l’Action civique de Québec. Notaire de formation, il était demeuré dans la sphère publique par la suite en pilotant la Commission de la capitale nationale, entre 2005 et 2012.

Jacques Langlois était âgé de 72 ans et laisse dans le deuil son épouse Lise, avec qui il était sur le point de célébrer son 50e anniversaire de mariage, son fils Hugo, animateur à Rouge FM et sa fille Valérie qui est mariée à l’ancien gardien de but de la LNH Éric Fichaud.

Jacques Langlois entouré de sa femme Lise et de ses enfants Hugo et Valérie alors qu'il était élu maire de Beauport en 1984.
Photo d'archives
Jacques Langlois entouré de sa femme Lise et de ses enfants Hugo et Valérie alors qu'il était élu maire de Beauport en 1984.

«Son cœur a flanché»

En entrevue, Hugo Langlois rappelle que son père avait déjà eu des problèmes cardiaques en 2002 et qu’il avait dû s’absenter de l’hôtel de ville pendant quelque mois, après avoir subi un quintuple pontage.

«Après ça, il a eu 18 années sans restrictions. Il avait été refait à neuf et il s’entraînait cinq ou six matins par semaine au PPMC (Pavillon de prévention des maladies cardiaques) à l’IUCPQ (Hôpital Laval). Ça allait super bien jusqu’au 22 décembre... Il est rentré à l’hôpital d’urgence parce qu’il a fait ce qu’on appelle une tempête électrique au niveau du cœur et ça a amené plein de complications», confie-t-il.

Jacques Langlois et sa femme Lise en 1992 lors de sa réélection comme maire de Beauport.
Photo d'archives
Jacques Langlois et sa femme Lise en 1992 lors de sa réélection comme maire de Beauport.

Malgré l’installation d’un défibrillateur cardiaque, son état a continué de se dégrader. Il a été hospitalisé il y a une dizaine de jours et «son cœur a flanché», raconte-t-il avec émotion. «Je n’ai pas pu le voir avant sa mort à cause des dispositions pour la COVID. La dernière fois que je l’ai serré dans mes bras, c’est au mois de mars», se désole-t-il. «On se console en se disant qu’il est parti vite et qu’il n’a pas été souffrant pendant plusieurs années.»

Un des derniers maires de banlieue

Son départ survient quelques mois à peine après ceux de l’ancien maire de Charlesbourg, Ralph Mercier et Émile Loranger, à L’Ancienne-Lorette. Hugo Langlois relève aussi les décès de Jean-Paul L’Allier (Québec) en 2016 et d’Andrée Boucher (Sainte-Foy et Québec) en 2007. «C’est pas mal un des derniers de cette époque», observe-t-il.

Ralph Mercier et Jacques Langlois en 2004
Photo d'archives
Ralph Mercier et Jacques Langlois en 2004

«C’est une importante page d’histoire qui se tourne. Je trouve qu’il laisse un bel héritage. Mon père n’a jamais été trop vedette là-dedans et il a été très impliqué avec sa gang à Beauport. C’était un "fighter" mais aussi un chic type avec les caméramans, les journalistes et avec tout le monde, il était très accessible et je pense qu’il laisse un beau souvenir. Il n'a jamais joué à la belle-mère après avoir quitté la politique.»

Hommage de Labeaume 

Plusieurs politiciens ont rendu hommage à Jacques Langlois, jeudi, dans la foulée de l’annonce de sa mort par la Ville de Québec.

À commencer par le maire Régis Labeaume. «Le décès de Jacques Langlois nous bouleverse profondément. La région de Québec perd un de ses leaders politiques des 35 dernières années. Un homme qui a toujours eu à cœur la prospérité des citoyens de Beauport», a-t-il réagi par voie de communiqué.

Jacques Langlois en 1996 lorsqu'il a été réélu maire de Beauport.
Photo d'archives
Jacques Langlois en 1996 lorsqu'il a été réélu maire de Beauport.

«Même après son départ de la politique municipale, Jacques Langlois a continué à s’engager dans le service public à titre de président de la Commission de la capitale nationale du Québec pendant sept ans, où il a travaillé sur la première phase de la promenade Samuel-de-Champlain. Il aura marqué l’histoire de notre région», a déclaré le maire de Québec.

Un «leader régional»

Paul Shoiry, ancien maire de Sillery, a encensé son implication dans tous les grands dossiers et enjeux locaux des années 80, 90 et 2000.

«C’est un des grands leaders régionaux de ces années-là. On s’approche de la fin d’une époque parce que les maires de banlieue, il n’en reste plus ben ben. Ça me fait de la peine. J’ai bien connu Jacques. C’était un travaillant mais on avait du plaisir à l’hôtel de ville. Il a fait beaucoup pour Beauport et pour la région de Québec», a-t-il témoigné au bout du fil.

En 1984, Jacques Langlois est élu maire de Beauport. Il est félicité par Marcel Bédard, maire de la municipalité de 1970 à 1980.
Photo d'archives
En 1984, Jacques Langlois est élu maire de Beauport. Il est félicité par Marcel Bédard, maire de la municipalité de 1970 à 1980.

Le ministre Jonatan Julien, député de Charlesbourg, a dit sur Twitter être «secoué» par cette nouvelle. «Je repense à sa contribution exceptionnelle, à son apport pour notre belle ville de Québec. C’était un homme engagé qui avait à cœur chacun des projets qu’il a portés».

La députée bloquiste de Beauport-Limoilou, Julie Vignola, a souligné sa longévité «remarquable» à la tête de l’ancienne ville de Beauport, saluant son intégrité et son dévouement. «Il a définitivement marqué l’histoire de Beauport.»

- Avec la collaboration de Taïeb Moalla

Jacques Langlois en 2002, alors qu'il était chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec.
Photo d'archives
Jacques Langlois en 2002, alors qu'il était chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec.