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De bonnes affaires pour les PFK en banlieue de Québec

PFK Donnacona
Photo Martin Lavoie La file était moins impressionnante qu’elle ne l’avait été au cours des dernières semaines, vendredi, au restaurant PFK, mais l’achalandage n’a jamais diminué.

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L’enseigne PFK est peut-être disparue du paysage de Québec, mais elle prospère joyeusement dans trois villes qui ceinturent la capitale.

Le dernier restaurant de la chaîne à Québec, sur le boulevard Hamel, a fermé abruptement à la fin de décembre dernier.

«Ç'a eu un impact parce que j’ai fait de la pub. Auparavant, j’avais approché le franchisé de Québec, Olympus Food, mais il a refusé que l’on fasse de la pub ensemble. Je ne voulais pas qu’il ramasse les résultats de ma publicité», lance André Pomerleau, propriétaire des restaurants PFK de Donnacona, de Sainte-Marie et de Montmagny.

Ses ventes ont rapidement augmenté de 15 à 20% et il a même manqué de poulet le soir du 2 janvier à Donnacona, l’endroit où la plus importante hausse s’est fait sentir.

«Le poulet que nous recevons est frais, il n’y a que 5% de congelé. Il est livré trois fois par semaine par Exceldor. Nous n’avions pas pu prévoir la fermeture à Québec et nous avons eu un boom instantané. Mais ça arrive rarement», précise-t-il.

L’effet du coronavirus

Depuis le début du confinement, il est aussi arrivé de ne pouvoir recevoir toute la quantité de poulet commandée. D’ailleurs, le produit a aussi manqué en fin de soirée vendredi de la semaine dernière à Donnacona.

De plus, les restaurants de M. Pomerleau bénéficient de la situation actuelle. «C’est quasiment malaisant à dire, mais nous avons une très bonne augmentation depuis le début de la pandémie, à part durant les deux premières semaines, où ça avait baissé. On profite de la fermeture de plusieurs restaurants. Nous sommes en hausse de 30 à 35% par rapport à la même période l’an dernier.»

Cet achalandage ne se traduit pas nécessairement par un plus grand profit. «En bout de ligne, il nous faut plus d’employés en raison des normes de distanciation et de lavage des mains. Il faut doubler les postes.»

«Ça crée aussi une pénurie d’emplois que j’aimerais combler, constate le propriétaire. Je cherche des personnes qui n’iront pas à l’école cet automne pour travailler à temps partiel. Ce sont les plus difficiles à trouver. Les étudiants sont toujours disponibles. Ce n’est pas vrai qu’ils profitent du programme du gouvernement. Actuellement, on surcharge certains employés. On ne veut pas les essouffler avec le temps.»

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L’augmentation est encore plus remarquable que le service à l’auto n’est pas aussi rapide qu’en salle. Selon M. Pomerleau, une commande dans le restaurant est plus rapidement prise qu’au service à l’auto. De plus, la salle compte deux points de service contre un seul à l’extérieur.

«On arrive tout de même à servir 50-55 véhicules à l’heure. J’ai vu monter la file jusqu’au A&W», mentionne M. Pomerleau au sujet de ce restaurant situé à 400 m du sien.

«La grosse majorité des clients sont très compréhensifs. Mais ceux qui sont irrités, 5%, le sont plus qu’avant. Ceux qui se plaignent, c’est grossier. La politesse recule. Et déjà que c’est difficile de recruter des travailleurs», regrette-t-il.

À Donnacona, jeudi, un couple de Lévis faisait même la file à moto. «Je voulais manger du PFK pour mon 60e anniversaire, alors on est venu ici. Il ne reste qu’à trouver une place pour le manger», a lancé, toute souriante, Lynda Guay. Bon joueur, son conjoint, Claude Blair, n’a pas hésité à parcourir la distance. «C’est ce qu’elle voulait», a-t-il dit.

Claude Blair et Lynda Guay sont partis de Lévis, jeudi, pour se rendre au restaurant PFK de Donnacona pour le 60e anniversaire de madame.
Photo Martin Lavoie
Claude Blair et Lynda Guay sont partis de Lévis, jeudi, pour se rendre au restaurant PFK de Donnacona pour le 60e anniversaire de madame.

L’avenir à Québec

L’entrepreneur a son point de vue sur la disparition de la chaîne dans la capitale. «Olympus Food ne s’est pas renouvelé [à Québec] au fil des années. Certains restaurants n’avaient pas été rénovés depuis 30 ans. Donnacona a été rénové il y a six ans, Montmagny, il y a deux, et ça s’en vient pour Sainte-Marie dans deux ou trois ans.»

«Les restaurants de Québec étaient gérés à distance. C’était le franchisé [le problème]. Le franchiseur est très en santé au Canada et il s’attaque maintenant au Québec. Présentement, je n’ai pas de visées sur Québec, mais je sais qu’il y a des discussions avec des groupes pour revenir à Québec parce que c’est un très bon marché», révèle-t-il.

«Les gens savent que le poulet frit, c’est gras. Mais, moi, je vends de l’antidépressif», conclut-il.