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Critique la gestion de la crise par Québec: la Dre Mylène Drouin nuance ses propos

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Après avoir affirmé que la crise de la COVID-19, essentiellement montréalaise, aurait dû être gérée à partir de Montréal, plutôt que de Québec, la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, nuance maintenant ses propos.

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Dans une entrevue accordée à La Presse publiée vendredi matin, la Dre Drouin s’est vidé le cœur, affirmant avoir exprimé son mécontentement au directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, dès le 9 mars.

En après-midi, invité à réagir, le Dr Arruda a dit ne pas être d’accord avec cette évaluation.

«On avait toute l’information et on était très conscients de ce qui se passait dans la région de Montréal. Je ne crois pas que la distance ait fait que Montréal a été pénalisée», a déclaré le directeur national de santé publique, lors d’une conférence de presse portant sur la lutte au tabagisme dans le contexte de la COVID-19.

Même son de cloche du côté de François Legault, qui a réagi aux commentaires depuis Joliette, vendredi également.

«J’ai de la difficulté à comprendre ses remarques parce que je pense que ça a été bien géré. Honnêtement, que notre cellule de crise ait été à Montréal ou à Québec, c’était dans une salle et on suivait la situation dans tous les CHSLD où il y avait beaucoup d’infections, a-t-il répondu. Je ne pense pas que ça n’aurait rien changé que la salle des commandes soit à Montréal ou à Québec.»

Le Dr Arruda a refusé de considérer les propos de la Dre Drouin sur le site de La Presse comme une confrontation ou une quelconque forme de «putsch».

«Vous ne me mettrez pas en opposition avec Mylène Drouin ni avec les autres directeurs régionaux de santé publique, a-t-il déclaré. Ça ne va pas nous diviser parce que ma concentration, actuellement, elle est sur la lutte, tout le monde ensemble, à la maudite COVID-19.»

La Dre Drouin nuance ses propos

En début de soirée, dans un communiqué, la Dre Drouin a indiqué: «en réponse aux informations circulant dans les médias aujourd’hui [vendredi], je souhaite nuancer certaines interprétations qui ont été faites de mes propos».

«D’abord, j’insiste sur le fait que je réitère ma confiance dans la gestion de la crise de la COVID-19 par le gouvernement du Québec, a-t-elle souligné. [...] Il est normal que la gestion globale de la crise, qui implique l’ensemble des régions du Québec et les différents ministères, se fasse de Québec où siège notre gouvernement. [...] Pour la suite de la gestion de la pandémie, nous maintenons des liens étroits avec la Direction nationale de santé publique du Québec et le gouvernement afin d’assurer une gestion optimale de la situation.»

Ressources financières comprimées

Dans son entrevue à La Presse, la Dre Drouin déplore en outre les importantes compressions budgétaires de l’ordre de 30% des ressources financières des équipes régionales survenues en santé publique au Québec sous la gouverne de l’ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Elle juge également difficile de coordonner le travail avec les cinq CIUSSS et les dix établissements de santé de la métropole, alors que la direction régionale de santé publique, qui ne relève que d’un seul de ces CIUSSS, n’a dans les faits aucune autorité sur les PDG des structures.

Si le Dr Arruda ne nie pas que les compressions dans le réseau ont eu un impact et que la prévention des infections est souvent négligée dans les enveloppes budgétaires, il se garde bien de montrer du doigt un seul problème.

«La pandémie de COVID-19, c’est très complexe, une réorganisation de services dans un système de soin, c’est très complexe, a-t-il laissé entendre. Chaque fois qu’on change des organisations, il y a des avantages et il y a des inconvénients. C’est quand on commence à essayer de trouver un coupable ou une cause que je pense qu’on est à côté de la track.»

Une analyse rapide des faiblesses du système est néanmoins essentielle, convient-il, afin de ne pas répéter les mêmes erreurs au moment de l’arrivée d’une deuxième vague de la pandémie au Québec.

«Déjà, on va aller dans une deuxième vague avec des apprentissages qu’on va implanter», a-t-il assuré.

La région de Montréal est de loin la plus touchée au Québec avec plus de 25 000 cas confirmés et 2690 décès en date du 29 mai.