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L’école à temps plein cet automne jugée trop risquée par les profs

L’école à temps plein cet automne jugée trop risquée par les profs
Photo d'archives, AGENCE QMI

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Les enseignants considèrent qu’un retour à temps plein des élèves à l’école cet automne est trop risqué sur le plan de la santé publique, alors qu’il s’agit d’un scénario jugé réaliste par les autorités sanitaires.

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Au cours des derniers jours, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) a consulté ses membres concernant les scénarios présentés par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour la rentrée automnale.

Le ministre espère que tous les élèves puissent fréquenter l’école à temps plein, dans des groupes réguliers. Ce scénario doit toutefois être approuvé par la santé publique.

Or, les enseignants de la FSE jugent qu’il serait beaucoup trop risqué d’opter pour une fréquentation à temps plein, dans le contexte actuel.

«Pour nous, c’est irréaliste de penser qu’on ramène tout le monde à l’école si le virus est ce qu’il est et si, socialement, on a encore besoin du deux mètres [...]. Ça ne se peut pas qu’au niveau de la santé publique, les directives changent en si peu de temps et que ça reste sécuritaire», affirme Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Cette dernière verrait d’un œil très sceptique tout changement de directives à cet égard. «On ne voudrait pas qu’il y ait des ajustements à la santé publique pour répondre aux besoins de mettre tous les enfants dans une classe. Il faudrait qu’il y ait des scientifiques qui viennent vraiment nous expliquer des affaires, parce que, pour nous, c’est inatteignable», ajoute-t-elle.

Or, le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, n’a pas fermé la porte à cette éventualité, au contraire.

En entrevue au 98,5 FM vendredi après-midi, il a affirmé qu’il est «possible» que la règle de distanciation du deux mètres soit abolie lors de la rentrée scolaire. «Ça se peut très bien qu’on puisse changer les choses», a-t-il affirmé, selon l’évolution des connaissances scientifiques et les expériences vécues à l’international, tout en rappelant que les enfants sont très peu à risque de développer des complications.

À la Fédération autonome de l’enseignement, son président, Sylvain Mallette, affirme toutefois que jamais, au cours des discussions des derniers jours, il n’a été mentionné que le scénario d’un retour à temps plein pourrait être envisagé si la pandémie perdure, puisqu’il s’agissait plutôt d’un scénario idéal.

À temps partiel

Par ailleurs, si Québec devait plutôt aller de l’avant avec une fréquentation à mi-temps des élèves cet automne en maintenant les groupes réduits, les enseignants du primaire représentés par la FSE refusent de cumuler l’enseignement à distance et l’enseignement en classe.

Ils pressent plutôt Québec de mettre en place des journées de services de garde à l’extérieur de l’école lorsque les enfants ne seront pas en classe, dans des centres communautaires, des salles culturelles ou même des églises, évoque Josée Scalabrini.

Des enseignants spécialistes, en arts ou en éducation physique, pourraient y enseigner pour bonifier l’encadrement offert par les éducateurs en services de garde. Un service d’aide aux devoirs pourrait aussi être mis sur pied.

La FSE demande par ailleurs à Québec de prévoir des formations pour les enseignants, les élèves et les parents sur l’enseignement à distance dès la rentrée, afin d’être prête advenant une deuxième fermeture complète des écoles en cas de deuxième vague.

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