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L’église du Très-Saint-Sacrement pourrait être sauvée

L’église du Très-Saint-Sacrement pourrait être sauvée
PHOTO D'ARCHIVES, DANIEL MALLARD

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L’église du Très-Saint-Sacrement à Québec pourrait être sauvée de la démolition par la ministre de la Culture Nathalie Roy, qui vient d’intervenir pour la protéger, mais le diocèse de Québec, «outré», va tout faire pour renverser sa décision.

La ministre Roy a signé un avis d’intention de classement pour préserver cette église quasi centenaire du chemin Sainte-Foy dont «l’intérêt patrimonial repose sur ses valeurs historique, artistique, architecturale et paysagère», peut-on lire dans un communiqué diffusé vendredi matin.

«Cette église est représentative de l’architecture religieuse des premières décennies du XXe siècle par sa monumentalité et son style inspiré des lieux de culte médiévaux», ajoute-t-on.

Le conseiller municipal Yvon Bussières, qui s’est battu pour la sauvegarde de l’église et qui a lui-même déposé un dossier étoffé au ministère de la Culture, parle d’un «signal fort» envoyé par la ministre Roy.

«Je suis très heureux. Il était minuit moins une. Comme élu, je suis porte-parole de mes citoyens qui voulaient, majoritairement, préserver cette église qui est le bâtiment le plus prestigieux dans Saint-Sacrement. C’est un bâtiment historique et emblématique pour le quartier», a-t-il commenté en entrevue, au sujet de l’église qui a fermé ses portes en septembre 2019

L’église pourrait être classée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Dès que l’avis d’intention est signé par la ministre, le bien doit être traité comme s’il était déjà classé, précise le ministère de la Culture, ce qui assure sa protection immédiate, du moins temporairement, avant la signature définitive de l’avis de classement qui peut survenir d’ici un an.

Un «danger public» et un «citron»

Toute personne peut cependant s’y opposer et faire des représentations auprès du Conseil du patrimoine culturel du Québec. Ce qu’entend faire le diocèse de Québec qui n’a jamais été consulté, déplore-t-on, au sujet de ce «puits sans fond» dans lequel il faudrait investir minimalement 3 M$, sans compter les frais d’entretien annuels de 100 000 $ selon l’évêque auxiliaire du diocèse, Mgr Marc Pelchat.

Avec le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Mgr Pelchat promet de se battre «de toutes ses forces» pour convaincre la ministre de faire marche arrière. «C’est un choc pour nous. L’église a été définitivement fermée au culte. C’est un danger public. C’est un beau monument massif, à l’extérieur, mais pour nous, ce n’est pas un monument historique. C’est une église qu’on aimait mais c’est un citron, elle tombe en ruines», lâche-t-il.

«Toute transaction et toute étude de proposition est sur la glace mais il faut quand même continuer à fournir 100 000 $ par année pour le maintien et la sécurisation de ce monument qui est très fragile. Qui va payer pour ça ? Le ministère de la Culture ? Je ne crois pas. Et qui va investir ? Pour faire quoi ?», s’interroge-t-il.

Quelle vocation pour l’église ?

«Ça ne redeviendra jamais une église, ça a été désacralisé, reconnaît le conseiller Yvon Bussières. Est-ce que la communauté est prête à le prendre en charge ? Le comité SOS Saint-Sacrement est en train d’analyser des projets communautaires», a-t-il indiqué.

Louis Bélanger, de SOS Saint-Sacrement s’est réjoui quant à lui de la décision de la ministre de la Culture qui lui donnera «le temps de formuler un projet intéressant et viable qui va correspondre aux besoins de la communauté».

«Ça nous permet de travailler sans avoir l’épée de Damoclès qui nous pend au-dessus de la tête. On a un groupe avec des gens qui ont des expériences de travail extraordinaires, des urbanistes, des ingénieurs. Il y a plein de monde qu’on peut mettre à contribution pour mettre sur pied un projet mais il faut attacher un financement. On pense que c’est possible», a-t-il commenté.  

Plus de 5 000 personnes avaient signé une pétition en début d’année pour s’opposer à la démolition de l’église, craignant la construction d’une tour à condominiums.