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Deux semaines de congé maladie pour tous?

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Photo AFP Justin Trudeau assure qu’il est prêt à assumer la majeure partie de la facture d’un éventuel programme de congés maladie.

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Tous les Canadiens devraient-ils bénéficier d’au moins dix jours de congé maladie payé par année, quitte pour l’État à en assumer la facture ?

C’est le genre de questions à plusieurs millions de dollars que la crise actuelle nous force à nous poser.  

Justin Trudeau n’a pas regardé à la dépense depuis le début de la pandémie, pour aider les entreprises et les travailleurs touchés.

Tout porte à croire que la tendance va se poursuivre. 

Le premier ministre semble déterminé à offrir à tous les travailleurs canadiens dix jours de congé payé par année. 

L’objectif est d’abord sanitaire. En donnant les moyens à tous les travailleurs grippés de rester à la maison, on souhaite ralentir la progression d’une deuxième vague de contagion de la COVID-19.

On ne connaît pas encore le coût de la facture. Mais « c’est sûr que ça va coûter cher », confie une source libérale. 

Justin Trudeau fait face à de la résistance. Les entrepreneurs ne sont pas chauds à l’idée, et certaines provinces ne veulent rien savoir. 

C’est le cas de l’Ontario, et dans une moindre mesure, du Québec. 

Dans ces provinces, on évoque d’autres priorités. On fait valoir que cet argent serait mieux investi dans le système de santé ou dans les villes.

« Pour nous, ce n’est pas un enjeu », résume-t-on à Queen’s Park. 

Le peu de détails fournis par le gouvernement Trudeau irrite aussi à Toronto et Québec. 

Justin Trudeau a tenté de rassurer ses homologues en leur promettant de récupérer « la grande partie » de la facture.

Mais les doutes persistent. 

Plus facile de dépenser

La proposition n’échappe pas au calcul politique, les libéraux étant soucieux de protéger leur flanc gauche. 

Les dix jours de congé maladie payé, c’est d’abord l’idée du NPD, qui a appuyé en retour le plan libéral pour un retour à la Chambre des communes.

Un plan dont s’est moqué le directeur parlementaire du budget, car il prévoit, d’ici septembre, peu de temps pour l’étude des coûteux programmes d’urgence fédéraux. 

La critique, venant d’un agent indépendant du Parlement, n’est pas banale. 

Reste aussi à savoir quelle forme prendra ce nouveau programme de congé maladie. Sera-t-il temporaire, couvrant la durée de la pandémie ? Ou sera-t-il plutôt permanent ?  

Cette nouvelle mesure s’ajouterait à un vaste filet social déployé depuis le début de la pandémie, et qui prend des proportions colossales. 

Les Canadiens pourraient s’habituer à pareille générosité. Mais les ressources financières de l’État ne sont pas illimitées.

En politique, il est plus facile de dépenser que l’inverse.

C’est particulièrement le cas de ce gouvernement, qui ne pourra plus à l’avenir faire l’économie de cette question : peut-on se le permettre ?