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Il ne faut pas baisser la garde contre le racisme ici

Cri du coeur de l’ex-boxeur Éric Martel-Bahoeli

Il ne faut pas baisser la garde contre le racisme ici
Photo Didier Debusschère

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Outré par la mort de George Floyd dans l’État du Minnesota, l’ancien boxeur Éric Martel-Bahoeli y voit un énorme pas en arrière pour les États-Unis et la preuve qu’il ne faut pas baisser la garde contre le racisme ici même, au Québec.

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George Floyd est cet Américain noir de 46 ans qui a péri après avoir agonisé pendant de longues minutes sous la contrainte du genou d’un policier blanc dans la ville de Minneapolis, aux États-Unis, lundi dernier, comme on a pu le voir dans une vidéo amateur qui a beaucoup circulé. « Honnêtement, je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi dégueulasse. [...] Ça n’a aucun sens que ça se passe encore en 2020 », s’indigne Éric Martel-Bahoeli.

  • Écoutez l'entrevue d'Éric Martel-Bahoeli avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

En ce qui concerne les émeutes qui ont éclaté ensuite, « c’est vraiment désolant, désolant », pense l’homme de 39 ans, retraité de la boxe depuis 2018, en se disant opposé à la violence. 

« Mais en même temps, c’est extrêmement désolant » de voir un agent de police traiter un homme avec la peau foncée de cette façon, ajoute-t-il, en souhaitant que cela provoque une profonde réflexion chez nos voisins du sud.

Frustration refoulée

Dans une publication sur Facebook, celui qui a grandi à Québec a reconnu que « ce qui s’est produit ces derniers jours dans l’affaire Georges Floyd a refait monter beaucoup de colères refoulées » en lui. 

En entrevue avec Le Journal, Éric Martel-Bahoeli explique qu’il n’a jamais été victime de violence physique ni de bavure policière, mais qu’étant jeune, il a parfois souffert de paroles ou de situations blessantes dues à son teint, qu’il n’a toujours pas oubliées, des années plus tard.

Des paroles comme « le hockey, ce n’est pas fait pour des petits nègres comme toi », prononcées par certains jeunes avec qui il pratiquait ce sport quand il était adolescent, et même leurs parents. Des situations comme cet entretien d’embauche qu’il n’a jamais obtenu à l’épicerie de son quartier, à la même époque, alors que ses amis blancs y travaillaient. « Je refoulais cette frustration-là », se souvient-il.

Leçon

C’est peut-être pourquoi, aujourd’hui adulte, « des injustices comme ça, par rapport à la couleur de la peau, ça vient me toucher au plus haut point », mentionne celui qui est intervenant en centre jeunesse.

Heureusement, M. Martel-Bahoeli constate que la société québécoise est rendue « ailleurs » et qu’elle est bien plus tolérante aujourd’hui. Selon lui, s’il y a une leçon à tirer, ici, des tensions raciales ravivées aux États-Unis, c’est qu’il faut protéger les acquis des dernières décennies. 

« Il ne faut jamais créer une distance entre les différentes communautés au Québec », plaide-t-il.