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La valeur d’un emploi dans le secteur public

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Photo d'archives Quelle valeur doit-on attribuer à un emploi qui n’est pas soumis aux aléas de l’économie ou d’une pandémie ?

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Cette question intrigue depuis longtemps les économistes qui s’intéressent au secteur public : quelle est la valeur de la sécurité d’emploi ? Si on devait la chiffrer, quelle serait la valeur en argent du privilège d’avoir son revenu assuré ?

La crise qui nous frappe offre une nouvelle perspective sur le caractère précieux d’un emploi garanti. Des serveurs de restaurant en poste depuis des années se sont retrouvés avec rien en quelques jours. 

Des employés d’hôtels ou de compagnies aériennes qui occupaient un emploi stable depuis des années ont perdu leur gagne-pain sans avertissement.

Nous avions déjà connu des récessions marquées par des fermetures et des pertes d’emploi échelonnées sur un an ou deux. Jamais nous n’avions vu autant de gens sentir le plancher leur décoller sous les pieds en l’espace de quelques jours. 

Certains avec l’espoir d’une reprise dans quelques semaines, d’autres plongés dans beaucoup plus d’inconnu.

Statut béton

Très rapidement, les gouvernements ont établi le fait qu’aucun de leurs employés ne serait coupé. La logique se tient : déjà que l’économie est amochée par toutes ces pertes d’emploi dans le secteur privé, il faut minimalement éviter que les gouvernements ne fassent d’autres victimes.

La sécurité d’emploi dans le secteur public, c’est du solide. Techniquement, un employé qui obtient sa permanence à l’âge de 30 ans reçoit du même coup l’assurance de recevoir un versement jusqu’à son décès. Emploi à vie, pension assurée. 

À moins de commettre une faute très lourde, on ne perd pas son emploi dans le secteur public.

Travail important

Qu’on me comprenne : plusieurs employés dans le secteur public offrent des services essentiels et précieux. Qu’on pense au travail demandé aux gens du secteur de la santé ces dernières semaines. 

Je ne veux rien enlever à leur mérite. Ceux qui travaillent en zone à risque ont reçu des primes tout à fait justifiées. Malgré tout, la sécurité de recevoir leurs revenus doit être inscrite dans les avantages du métier.

Pensons à un secteur comme la culture. Pendant que la quasi-totalité des acteurs du milieu, des artistes aux employés des salles de spectacles sont devant le néant, les employés du ministère et des organismes subventionnaires ne sont pas touchés.

Les inspecteurs des restaurants continuent à recevoir leur paye, tout comme les employés du ministère du Tourisme. Des secteurs à plat. Loin de moi l’idée de dire qu’ils ne font rien. 

Les gens du ministère du Tourisme doivent mettre les bouchées doubles pour permettre au secteur de repartir. Ils sont néanmoins les seuls de leur domaine à conserver leur revenu.

Je sens le besoin d’écrire ce texte parce que j’ai parfois l’impression que les syndicats du secteur public oublient. Ils crient haut et fort que leurs membres vivent des problèmes ici et là et perdent de vue certains privilèges fondamentaux.

En février dernier, en situation de plein emploi, on avait peut-être perdu de vue la valeur d’un emploi garanti. 

La crise nous l’a rappelé à la dure.