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Marie-Hélène Thibault : un confinement tout en émotions

Lancement programmation Théâtre Jean-Duceppe
Photo : Sébastien St-Jean, TVA Publications

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MONTRÉAL –Trois jours avant le début du confinement, Marie-Hélène Thibault passait une audition pour un rôle excitant dans une nouvelle série. Un mois plus tard, elle apprenait qu’elle avait décroché le contrat. Le même week-end, son père décédait de la COVID-19.

C’est une véritable montagne russe d’émotions que la comédienne de «L’heure bleue» a vécue la fin de semaine du 11 avril dernier. Son papa, Simon Thibault, a été testé positif à la COVID-19 24 heures après son décès, au CHSLD Champlain, à Verdun. L’homme avait auparavant souffert de la maladie d’Alzheimer pendant 12 ans. Il avait 82 ans.

«Il est parti en 24 heures, relate Marie-Hélène Thibault en entrevue avec l’Agence QMI. Comme bien d’autres, je l’ai vu du bout du lit, il était inconscient. Je lui ai dit bye, sa conjointe aussi...»

Comme un baume

Et c’est lors de ces mêmes moments que l’actrice a appris qu’un nouveau défi l’attendait sur le plan professionnel. Évidemment, le tournage de la fiction a été reporté à une date ultérieure, qui n’a pas encore été fixée. Qui plus est, Marie-Hélène a aussi perdu une tante en raison de la pandémie.

«C’est intense. J’ai su que j’avais un rôle en même temps que j’apprenais que mon père était mourant. C’était bien bizarre. C’était tout mélangé», raconte la maman d’une fille de 19 ans et d’un garçon de 13 ans, qui ne blâme surtout pas le personnel du CHSLD où son père résidait pour la tournure des événements.

«J’ai vu le CHSLD de très près pendant cinq ans. J’ai vu ça aller, avec plein d’humains tellement merveilleux», insiste-t-elle.

L’artiste arrive aussi à rester positive quant au projet professionnel contrecarré par la tempête pandémique qui nous secoue.

«C’est vraiment un super beau personnage, laisse-t-elle présager. J’espère que, quand ça sera le temps de tourner la série, les producteurs vont trouver que j’ai encore l’âge de le jouer (rires). Ç’a été comme un baume pour moi.»

Victime ou bourreau?

Actuellement, on peut voir Marie-Hélène Thibault dans les rediffusions de «Catherine» à Prise 2. Sa Sophie, colocataire, amie et pendant rationnel de Catherine (Sylvie Moreau), demeure toujours aussi décapante avec ses répliques assassines, 20 ans après la première diffusion de la comédie à Radio-Canada.

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PHOTO COURTOISIE/Groupe TVA

«Des gens trouvaient que j’étais à la fois la tortionnaire de Catherine, et d’autres qui trouvaient que je faisais pitié, rigole Marie-Hélène Thibault. Il y a toujours des perceptions diamétralement opposées des personnages. C’est assez troublant! Preuve qu’on ne voit pas tous la vie de la même manière...»

L’interprète dit éprouver encore énormément de tendresse envers ses anciens partenaires de «Catherine», dont Dominique Michel (laquelle, affirme-t-elle, a été son «école» de comédie) et pour tout l’univers comique qui a été le sien pendant cinq ans, de 1999 à 2003.

«On était les dignes descendantes de "Moi et l’autre". C’est une série qui montrait des femmes avec plein de conquêtes, mais indépendantes, qui existaient en elles-mêmes, sans besoin de se définir par rapport à un homme.»

«J’espère que ça sera un baume pour les gens, de revoir ces fofolles en action!», conclut celle qui avait aussi renoué avec l’un de ses premiers amours professionnels, la Ligue nationale d’improvisation (LNI), en tant que coach, avant que ne soit décrété le confinement.

Prise 2 rediffuse «Catherine» le lundi, à 19h30.