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Bloc-notes d’un jeune observateur : textes rassemblés du jeune intellectuel Philippe Lorange

Philippe Lorange
Photo courtoisie Philippe Lorange

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Philippe Lorange est un jeune et brillant intellectuel d’à peine 20 ans. Il s’est fait connaître il y a quelques mois avec la publication du Manifeste contre le dogmatisme universitaire, qui avait suscité un vif débat. Il y dénonçait, avec d’autres, la soumission de l’université à l’hégémonie progressiste, l’endoctrinement qui s’opère dans les salles de classe, et plaidait surtout pour une reconnaissance du pluralisme intellectuel dans une institution qui n’aurait jamais dû s’en éloigner. Collaborateur à la revue L’Action nationale, Philippe Lorange y signe régulièrement d’excellentes critiques de livres, où, avec une plume aussi précise qu’incisive, il cherche à démasquer les impostures intellectuelles de notre temps. Ces derniers mois, il a écrit plusieurs textes, en forme de bloc-notes. Il a eu la gentillesse de me les faire lire, et je les ai trouvé remarquables. Je lui ai proposé, pour cela, de les publier sur mon blogue, pour leur donner un écho dans l’espace public. C’était un vrai bonheur, pour moi, de lire ce jeune esprit passionné, et c’en est un, aussi, de faire ce que je peux pour lui permettre de trouver ses lecteurs. Philippe Lorange : retenez ce nom. Dans les années à venir, il fera sa place dans notre vie intellectuelle – en fait, il est déjà en train de se la faire.

Le tout sera publié en deux parties. Voici la première. 

Et maintenant, place à l’auteur. 

– Mathieu Bock-Côté


Depuis le début du confinement, j’en ai profité pour rédiger quelques textes sur mes observations de l’actualité et mes réflexions sur les grands enjeux de notre époque. Simple étudiant en science politique et philosophie, je ne prétends pas détenir une expertise particulière ou un génie littéraire inédit, mais je me permets de nommer des phénomènes qui occupent mon esprit. J’ai rassemblé ici une collection de mes écrits sous la forme d’un bloc-notes, qui, j’espère, saura susciter la réflexion chez le lecteur. 

La grève, un mal contemporain – 2 mars 2020   

Je suis étudiant à l’Université de Montréal depuis plus d’un an. Si j’ai choisi cette institution, c’est entre autres parce que je la croyais sérieuse et dévouée. Or, force m’est de constater qu’aucune de mes sessions ne s’est déroulée sans au moins une grève étudiante. Toutes les raisons sont bonnes pour mettre le feu aux poudres et jouer aux insurgés d’un jour. 

En l’occurrence, j’ai appris, par communiqué, que mon association étudiante déclenchait une grève d'une semaine en appui aux chefs héréditaires wet'suwet'en. Et les probabilités sont bonnes pour qu’il y en ait une autre pour la semaine de la transition écologique. Face à cette passion adolescente pour la contestation, il serait intéressant de prendre de la maturité, et de comprendre que l'étudiant n'est pas un révolutionnaire barricadé à temps plein. Bien sûr, les problèmes sociaux ne manquent pas et la souffrance humaine est un gouffre insondable. Mais c'est justement en enrichissant nos connaissances et nos réflexions par le fruit de l'étude qu'on parviendra à soigner le jardin qu'est notre société. Ce ne sera certainement pas en piétinant les fleurs et en appelant sans cesse au soulèvement permanent qu’on aidera à sa croissance. La grève ne doit être utilisée qu'avec parcimonie, et ce, lorsque celle-ci constitue un réel moyen de pression. Dans la situation présente, que voulez-vous que les universités fassent pour les Amérindiens? On nous propose la décolonisation du savoir: la belle affaire. Comme si l'université ne faisait pas déjà preuve d'un dogmatisme ultraprogressiste qui domine largement les sciences sociales. 

À l’école secondaire, on bourre le crâne des élèves par les mêmes sempiternels enseignements caricaturaux sur l’histoire des Amérindiens afin de répondre aux exigences de la rectitude politique. Cette saturation éteint la curiosité à l’égard de ces peuples. D’un autre côté, on passe vite l’histoire de la Nouvelle-France et du combat des Canadiens français pour leur survivance et leur émancipation. «Décoloniser le savoir», cela signifierait peut-être de commencer à explorer notre propre mémoire et de cesser d’avoir honte de nous-mêmes. Cela n’est pas facile pour un peuple dépossédé de tout et annexé à un Empire qui le pousse quotidiennement à son autodépréciation. 

Pour revenir à cette crise amérindienne, rappelons que cette affaire se déroule à l'autre bout du continent. Tant qu'à y être, à quand la grève pour les prisonniers politiques en Arabie saoudite, pour les journalistes disparus en Russie, ou encore les chrétiens d'Orient? À ce que je sache, je n’ai pas vu d’université de la Colombie-Britannique lancer la grève pour défendre le fait français au Québec. 

Je note, par ailleurs, à quel point le terme «Autochtone» exerce un effet délétère sur la conscience nationale. Dans le communiqué de grève, on nous affirme que ceux qui ne sont pas Autochtones sont dès lors des allochtones: autrement dit, des étrangers. Vous avez bien lu: malgré quatre cents ans de présence française en Amérique, nous sommes encore de trop. On remarquera que le terme «allochtone» implique aussi tous les Néo-Québécois implantés ici, qui ne sont alors vus que comme d'autres étrangers, et non comme des membres à part entière de la nation. Observons que cela ne convient pas vraiment avec l'idée de l'immigration comme «richesse». Donc avant de sombrer dans le ridicule, les universitaires devraient y songer à deux fois avant de voter des grèves qui ne font office que de divertissement juvénile. 

Lettre à un anywhere – 8 mars 2020   

Cher Calvin, 

Toi qui te lances à l’écriture romanesque, tu me demandais, récemment, pourquoi j’écrivais. Si tu permets l’indiscrétion, j’aimerais te répondre, une fois n’est pas coutume, par lettre ouverte. Comme tu le sais, je n’ai encore rien signé de majeur, car je crois qu’il faut tout d’abord prendre le temps de lire, et de lire beaucoup, avant de prendre la plume. Trop de livres sont publiés par pur désir de paraître ou du moins, sans engagement sérieux. Parles-en aux libraires: seul un très petit nombre des livres d’une époque seront élus pour durer. Le reste n’est que vent et bavardage. L’auteur doit être habité d’une profondeur existentielle, travaillée par les innombrables lectures et les expériences de vie. Lorsqu’il rédige, il rature sans cesse, pense parfois à faire table rase, le fait quelquefois, devient fou de temps à autre, hésite à tout lâcher. Celui qui arrive à publier, et plus encore quelque chose de bon, possède des nerfs d’acier. 

Pour répondre plus directement à ta question, je te répondrais que lorsque j’écris, c’est toujours en vue de contribuer au développement de ma communauté d’appartenance, à savoir, bien entendu, le Québec. Je sais que cela peut te faire sourire, tu sais à quel point j’ai le souci national bien ancré, pour le dire d’un euphémisme. Peut-être te rappelles-tu du nouveau clivage politique dont je te parlais l’autre jour: notre époque, nous dit David Goodhart, est celle des somewhere contre les anywhere. En bref, les «gens de quelque part» sont enracinés dans leur milieu de vie, ils sont attachés à des valeurs collectives, à une culture commune. Les «gens de nulle part», quant à eux, habitent souvent les métropoles et se définissent parfois comme «citoyens du monde»: ils se sentent comme à la maison à Bali, Chicago, Londres. Je crois que nous pouvons dire, sans nous tromper, que nous formons respectivement, toi et moi, un anywhere et un somewhere. 

Curieux comme tu es, tu m’as demandé pourquoi j’étais un enraciné. Piètre vendeur que je suis, j’ai bafouillé quelques raisons peu convaincantes. C’est que l’appartenance est une de ces choses qui se communique mal, qui se vit et se partage plus qu’autrement. Si je suis attaché au peuple québécois, c’est que je crois qu’il apporte un point de vue original et nécessaire sur le monde. Son expérience historique en est une de courage retentissant qui mérite reconnaissance. Plus encore, la survivance du fait français en Amérique relève du miracle. Le Québécois ne se prend pas pour un autre, il aime la simplicité et les bons rapports. Oui, il est parfois, et même souvent, confortable et indifférent. Mais c’est qu’il ne faut pas le sous-estimer trop vite: il sait qu’il peut demeurer au repos, car au fond de lui coule un torrent intarissable qui déploie son énergie dans les heures les plus cruciales de son existence. Son inventivité est à toute épreuve, héritage de siècles à devoir faire face à des hivers hostiles et à de durs labeurs. Ce peuple a donné naissance à des musiciens, dramaturges, comédiens, réalisateurs, romanciers, poètes dont l’œuvre créatrice trouve un écho à l’échelle planétaire. Malheureusement, le défaut de transmission qui l’habite produit une nouvelle génération qui voit mal en quoi elle devrait s’identifier à la nation. Le philosophe Alain Finkielkraut avait une belle formule pour exprimer cet état de fait: «sans affiliation, pas d’engagement». 

C’est donc pour cela que j’écris: pour assurer la continuité historique de ce peuple qui, dans sa lutte, participe au combat universel de toutes les petites nations dans leur dur désir de durer. 

Cap sur un Québec français – 15 mars 2020   

On le voit dans l’actualité depuis quelques semaines: l’enjeu du français au Québec ravive des inquiétudes profondément ancrées dans notre existence collective. On aurait tort de ne voir là que complaintes de nationalistes «identitaires angoissés», comme aiment à le dire les insouciants. Les faits sont là: depuis notre entrée dans le nouveau millénaire, le français n’a fait que reculer à Montréal, à Laval, et même à Longueuil. Les cégeps français tirent de la patte par rapport au réseau collégial anglophone, auréolé du prestige de la langue des winners, comme on le dit encore chez les colonisés. Certains collèges régionaux, en panique devant le manque de «clientèle» – pour utiliser leur vocabulaire –, en viennent à offrir des programmes bilingues qui passeront bientôt à l’anglais intégral. On ne déclasse pas le statut d’une langue sans qu’une pente glissante ne la plonge dans les abîmes. Ce n’est plus un secret, la francisation des immigrants est un échec lamentable, et cela n’est pas causé par un manque de moyens, mais par une immigration trop massive. Il n’est pas normal qu’une petite nation précaire comme le Québec accueille deux fois plus de nouveaux arrivants, toutes proportions gardées, que les États-Unis d’Amérique, et 2,5 fois plus que la République française. Si l’immigration est salutaire à de nombreux égards, il arrive un seuil où le quantitatif devient qualitatif, car si les individus peuvent s’intégrer, il est plus difficile d’en faire autant pour les masses. 

Face à tous ces problèmes qui s’accumulent et qui menacent sérieusement le caractère français du Québec, le peuple n’a pas dix mille options devant lui. Sa seule institution en importance qui peut l’aider, c’est son gouvernement national. Ce n’est pas rien, mais cela fait reposer sur les épaules de peu d’hommes la garantie de notre postérité. François Legault et ses ministres devront, dans les prochains mois, agir concrètement en faveur de la défense du français. Sans quoi ils seront recalés dans l’Histoire au rang d’ultimes perdants. Cela implique, pour ce parti, de remettre en question de fausses certitudes. Je pense ici au mode de financement des cégeps, encore axé sur la performance, qui ne peut qu’avantager les cégeps anglais. Je parle aussi des seuils d’immigration: il faudra, si ce n’est dans le présent mandat, annoncer des baisses réelles d’ici la prochaine élection. Enfin, les recommandations d’un chercheur comme Frédéric Lacroix sur le sujet doivent être lues avec attention. 

Le gouvernement du Québec a beaucoup d’adversaires coriaces qui lui font face. Comme nous avons pu en être témoins dans le dossier de la laïcité, les anti-nationalistes n’en démordent pas. Dans leur équipe, ils ont Ottawa et sa collection de vassaux du monde universitaire, des médias, des gens d’affaires et des grands cabinets d’avocats. Les nationalistes n’ont qu’une force, mais non la moindre: le peuple. Le gouvernement ne doit pas hésiter à aller de l’avant en évitant de chercher l’approbation de ses adversaires, car pour ceux-là, nous ne serons jamais assez respectables à leurs yeux. La recherche de décence de leur part relève pour eux des petites doléances, et le temps est terminé d’avoir affaire à leur condescendance. La meilleure défense, c’est l’attaque. En 2018, le peuple québécois a élu son gouvernement. Qu’il nous prouve qu’il est à son service. 

Distanciation nationale – 16 mars 2020   

Les Québécois forment un drôle de peuple. À plusieurs reprises, on nous a dépeints comme habités de désirs contradictoires, et d’une incapacité à trancher. Nous voulons un Québec libre dans un Canada uni, comme disait l’autre. Ce trait d’ambiguïté révèle peut-être une forme d’immaturité collective et le signe d’une conscience nationale détournée, mais toujours tapie au fond de notre intuition la plus haute. La crise du coronavirus montre comment notre peuple se retrouve encore embourbé dans les mêmes impasses de son histoire. Tout le monde l’a vite remarqué, François Legault et Justin Trudeau détonnent par leur approche respective. Le premier ministre du Québec incarne toute la sagesse de notre personnalité collective, travaillée par le temps long des bouleversements historiques et des hivers sans merci. Sa volonté de fer illustre l’obstination du paysan canadien-français, son éternel moyen de moyenner, et ce qu'Alexis de Tocqueville nommait «cette crainte salutaire qui fait veiller et combattre». 

De son côté, le porte-parole du Canada – parce qu’il n’y a plus de premier ministre dans cette fédération – se trouve aux antipodes de son homologue québécois. Distant, absent, perdu, faiblard, presque indifférent: on est en droit de se demander s’il y a encore âme qui vive dans ce corps qui nous promettait, il y a si peu, «les voies ensoleillées». Son entêtement à laisser son pays n’être qu’une passoire relève de l’irresponsabilité légendaire. C’est que l’homme traduit l’inconsistance de son pays, qu’il aime à décrire comme n’ayant pas d’identité profonde. Pourtant, on ne célèbre pas la naissance d’un État postnational, car cela signifie la promesse de son éclatement. Toute société a besoin de s’unir autour d’un destin commun et d’une mémoire qui l’habite. Trudeau reflète la superficialité de la fédération qu’il est censé diriger. Son air fringant et ses égoportraits lui sont inutiles face à la gravité de la situation. Force est de constater que ce sont les hommes qui habitent l’Histoire qui sont capables d’y faire face et de faire plier le cours des événements. Les dirigeants-mannequins ne sont pas faits pour autre chose que la couverture magazine: face aux crises, ils se dérobent et suscitent les huées. 

Bon nombre de Québécois se rendent bien compte qu'Ottawa pose un sérieux problème dans cette crise sanitaire. Plusieurs voient renaître en eux le vieil instinct national de l’indépendance, car tous savent très bien que si Québec avait présentement les pouvoirs de contrôler les frontières et les lignes aériennes, on ne se retrouverait pas dans la même conjoncture. Néanmoins, d’autres croient que le problème relève du parti au pouvoir et non du régime en place. Il suffirait ainsi d’élire un conservateur à la tête du pays pour tout faire rentrer dans l’ordre. Certes, il serait moins inquiétant qu’un Stephen Harper dirige le pays en ce moment même que son successeur. Il n’en demeure pas moins que, peu importe le parti au pouvoir, le régime canadian pose problème à notre plein développement collectif, que ce soit dans le commerce, la protection de l’environnement ou au sujet des questions identitaires. 

Face à ce constat, la CAQ ne peut demeurer innocemment fédéraliste. Dans les prochains mois à venir, peut-être que ses membres iront de l’avant avec un autonomisme plus assumé, car sans cela, un Parti québécois bien dirigé – et c’est loin d’être garanti – pourrait vite les devancer en les talonnant sur tous les grands sujets d’actualité. Bref, que les caquistes ne s’assoient pas trop vite sur leurs lauriers, car en de tels temps d’incertitude, les événements se succèdent rapidement et les jeux peuvent changer d’un instant à l’autre. 

Madame Bombardier, c’est nous qui devons partir – 18 mars 2020   

Madame Bombardier, dans votre chronique au Journal de Québec du 17 mars dernier, vous avez affirmé que Justin Trudeau n’était pas à la hauteur de sa fonction. De fait, il ne l’avait jamais été, mais la crise sanitaire à laquelle nous faisons face nous montre son inaptitude au grand jour. Les dernières informations concernant l’entrée d’illégaux sur le chemin Roxham relèvent de la comédie politique. 

Cela dit, malgré la part de vérité de votre propos, vous n’allez pas au bout de votre raisonnement. Vous commettez une erreur, cruciale, et commune aux indépendantistes déçus de votre génération. Dans votre texte, vous semblez insinuer que le problème tient au chef au pouvoir, et non à une structure plus large, à savoir le régime canadian. Car de fait, bien entendu que n’importe qui d’autre aurait mieux géré cette situation, qu’il ait été libéral ou conservateur. Mais encore une fois, il y aurait eu des problèmes de coordination entre les actions d’Ottawa et de Québec. C’est le Canada qui possède les pouvoirs au sujet des frontières et des lignes aériennes, pas les Québécois, qui subiront pourtant les contrecoups du laxisme canadien. 

Rappelons ce fait: le Canada est un pays dont la doctrine d’État est le multiculturalisme. Conservateur, libéral ou néo-démocrate: tous servent, sans remise en question, le multiculturalisme, vecteur de «l’identité canadienne», à savoir si une telle chose existe. Or, la crise du coronavirus constitue le coup fatal à cette posture politique. Au nom de l’ouverture à l’autre et de la lutte à la xénophobie, Ottawa a refusé de prendre des décisions élémentaires pour la sécurité de ses citoyens. Les hésitations de Justin Trudeau seront la source de conséquences irréparables. Quant à François Legault, s’il maintient la cadence, il sortira triomphant de cette affaire. C’est que l’approche québécoise en matière d’intégration se veut plus raisonnée et moins soumise à la rectitude politique. 

Je vous cite: «c’est d’un dirigeant, les pieds fixés dans l’acier, que le Canada a besoin dans le malheur qui s’abat sur lui.» Mais ne voyez-vous pas venir l’orage qui gronde? Les anciennes rivalités des deux peuples «fondateurs» sont de retour, car on ne comprime pas des tensions historiques en un claquement de doigts. D’une génération à l’autre, elles refont surface jusqu’à leur résolution: malgré tous les somnifères quotidiens, notre conscience nationale ne s’éteint pas. Qu’on parle de la crise en cours avec notre entourage ou qu’on scrute un peu les réseaux sociaux, on voit bien que les Québécois commencent à en avoir ras le bol de leur impuissance. Que ce soit dans les dossiers de la laïcité, de l’immigration, de la conservation de l’environnement, de la crise amérindienne et maintenant dans cette propagation virale qui durera encore plusieurs semaines, les signes de ces derniers mois sont on ne peut plus clairs: le Canada nous étouffe. Vous l’avez vous-mêmes constaté en allant visiter les Canadiens français hors Québec. Illusionnés par la dissonance cognitive, ces derniers refusent d’admettre qu’ils s’éteignent. De notre côté, plus le Québec s’affirmera, plus il voudra faire ses propres choix, et plus le carcan canadien lui serrera la gorge. Madame Bombardier, ce n’est pas Justin Trudeau qui doit partir: c’est nous.

– Philippe Lorange