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Drone: de la frontière canadienne à Minneapolis

Photo d'un drone Predator B
Photo d'archives, AFP Photo d'un drone Predator B

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Un drone Predator B (CBP 104) qui surveille habituellement la frontière canado-américaine a été déployé au-dessus de Minneapolis à la demande d’une agence fédérale non identifiée, a reconnu le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.

Sa capacité d’être en vol jusqu'à 21 heures de suite fait de ce véhicule aérien sans pilote (UAV) sophistiqué un instrument idéal pour surveiller les manifestations et les émeutes à Minneapolis. Il permet aux forces de l’ordre de mieux déployer leurs effectifs en réponse à l’évolution de la situation. Doté de caméras de haute précision, il peut enregistrer les scènes de pillages et les autres crimes qui pourraient être commis par des manifestants... ou par les forces policières.

Le drone Predator est revenu à sa base Grand Forks au Dakota du Nord après sa première mission de surveillance. Il a survolé Minneapolis à 20 000 pieds d’altitude, selon Jason Paladino, du Project on Government Oversight.

Avec la détérioration de la situation à travers les États-Unis, des drones pourraient être appelés à surveiller d’autres villes qui sont perturbées par des troubles à la suite du meurtre de l’Afro-Américain George Floyd. 

Les Predator B sont utilisés par la CIA pour traquer et tuer des terroristes à travers le monde. Au mépris du droit international, Washington a recours aux drones pour éliminer des personnes considérées comme des menaces pour la sécurité des États-Unis ailleurs que dans des zones de guerre. Ces attaques aériennes ont effectivement tué des centaines de terroristes, mais aussi des milliers de civils innocents, des «dommages collatéraux».  

Ce n’est qu’une autre indication de la militarisation grandissante de la police aux États-Unis. Le Pentagone a fourni gratuitement aux services de police des équipements militaires excédentaires. Ce programme a fait la une des journaux en 2014 lorsque les forces de l’ordre de Ferguson au Missouri ont utilisé des véhicules blindés pour réprimer les émeutes provoquées par la mort de Michael Brown, un autre Noir tué par la police. 

Barack Obama avait mis fin aux transferts d'équipements militaires aux policiers municipaux afin d'atténuer les tensions entre la police et les minorités raciales. Il avait déclaré que l'équipement destiné aux champs de bataille ne devrait pas être un outil de la justice pénale américaine. 

Trump a annulé l'ordre d'Obama en 2017, permettant de nouveau aux polices municipales de recevoir du matériel du Pentagone. Entre autres, des véhicules blindés chenillés, des lance-grenades, des armes automatiques lourdes et des munitions de calibre .50 ou plus ont été fournis aux forces de police. Environ 25 millions de dollars de matériel militaire ont été transférés aux services de police du Minnesota.

Prochaine étape, alors que les troubles se propagent dans des dizaines de villes, l’armée se prépare à intervenir directement. Selon l’Associated Press, le Pentagone a pris la rare mesure de mettre en état d’alerte plusieurs unités de police militaire afin qu’elles soient prêtes à se déployer à quelques heures d’avis. 

C’est Trump lui-même qui a demandé au secrétaire à la Défense, Mark Esper, des options militaires pour aider à mater les troubles à Minneapolis.