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Latifi le sauveur de Williams?

L’homme d’affaires torontois serait le principal candidat pour racheter l’écurie de Formule 1

Grand Prix du Canada - Formule 1
Photos d'archives, Martin Chevalier L’écurie Williams est à vendre. Un des acheteurs potentiels serait Michael Latifi (en mortaise), dont le fils Nicholas est l’un des deux pilotes attitrés de l’équipe.

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L’écurie Williams a été jadis l’une des puissances du plateau en Formule 1. Elle est aujourd’hui la risée du peloton.

Si bien que l’entreprise britannique, en mal de liquidités, a annoncé vendredi être prête à vendre ses actifs si une offre concrète lui est présentée.

La pandémie qui affecte la planète actuellement a forcé le report ou l’annulation des 10 premières épreuves de la saison. Mais peu importe le contexte, COVID-19 ou pas, la situation financière de l’équipe britannique était déjà précaire, au point où plusieurs observateurs avaient annoncé sa disparition dans un court avenir.

Or, à la lumière de nos informations, ils sont très peu à avoir les reins suffisamment solides pour assurer la relève.

Au profit de fiston

Le nom de Michael Latifi, homme d’affaires torontois prospère qui a fait fortune dans l’industrie agroalimentaire au Canada, figurerait sur la courte liste des candidats potentiels au rachat de l’équipe britannique.

Latifi a déjà injecté d’importantes sommes d’argent chez Williams au bénéfice de son fils Nicholas, qui devait entreprendre, en mars dernier en Australie, sa carrière en F1. 

L’inscription Sofina Foods, l’entreprise dirigée par Latifi, est d’ailleurs clairement visible sur les deux monoplaces de l’écurie.

« Notre société annonce le début de vente formel, peut-on lire dans le communiqué de Williams. Nous avons mandaté des spécialistes pour l’aider à trouver des investisseurs ou un repreneur. »

La situation est pressante pour Williams. Il a été confirmé, la semaine dernière, que son commanditaire principal, Rokit, avait mis fin immédiatement (et prématurément) à son partenariat avec l’équipe. L’entreprise spécialisée dans la téléphonie, impliquée dans plusieurs disciplines sportives, dont le tennis, avait succédé à Martini l’an dernier.

L’exemple de Stroll

En août 2018, Lawrence Stroll a sauvé l’écurie Force India (aujourd’hui Racing Point) de la faillite quand il a mis en place un consortium pour racheter l’équipe. 

Ce même Stroll, milliardaire, avait lui aussi investi plusieurs dizaines de millions de dollars pour regarnir les coffres de Williams et surtout pour promouvoir l’arrivée de son fils Lance en F1, en 2017.

Or, il est permis de croire que Latifi, tout aussi riche, pourrait entreprendre la même démarche que Stroll. Tous deux sont des amateurs de F1, mais ils sont aussi prêts à débourser beaucoup d’argent pour faire courir leurs fils dans la discipline reine du sport automobile.

Sept champions du monde

L’écurie Williams, fondée en 1975, a connu des débuts modestes en F1. Mais elle a su gravir les échelons pour atteindre le sommet. Si bien qu’elle aura procuré sept championnats du monde à Alan Jones (1980), Keke Rosberg (1982), Nelson Piquet (1987), Nigel Mansell (1992), Alain Prost (1993), Damon Hill (1996) et Jacques Villeneuve (1997).

Le pilote québécois, dernier à avoir été titré au volant d’une Williams, n’a d’ailleurs pas ménagé ses critiques ces dernières années à l’endroit de son ancien employeur. Depuis en fait que Claire, la fille du fondateur Frank Williams, a pris la direction de l’écurie en 2013.

« Cette équipe est en train de mourir », avait-il indiqué en entrevue au Journal de Montréal l’an dernier. Force est d’admettre qu’il n’avait pas tort.

Le fond du baril

Williams, c’est 114 victoires en 744 départs en F1. La dernière fois que l’écurie britannique a vu l’un de ses pilotes obtenir la consécration, c’était en mai 2012 quand le Vénézuélien Pastor Maldonado avait causé la surprise pour signer son premier et seul succès en F1. 

Quelques années plus tard, Williams s’est distinguée en terminant troisième deux années de suite (2014 et 2015) au classement des constructeurs. Le dernier podium a été obtenu par Stroll, au GP d’Italie en 2017.

Mais le fond du baril a été atteint d’abord aux essais privés à Barcelone en février 2019, où, faute d’une voiture prête à temps, ses deux pilotes ont dû faire l’impasse sur les deux premières journées. Puis l’an dernier, où Williams n’a inscrit qu’un seul point au tableau final.

Le richissime industriel russe Dmity Mazepin, qui convoitait Force India il y a deux ans, serait aussi sur les rangs pour racheter Williams. Il tente de dénicher un volant à son fils Nikita, actuellement engagé à temps plein en F2.