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Les prisons pour vieux

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Est-ce vraiment acceptable d’exiger, après plus de deux mois, que les personnes âgées demeurent prisonnières dans un CHSLD ou une résidence pour aînés pour les protéger de la COVID ?

Une jeune avocate qui prête main-forte dans un CHSLD privé de Laval dénonçait dans nos pages, lundi, le confinement en tout temps des résidents dans leur chambre. 

« Ce qui leur tenait lieu de chambre est devenu leur cellule, et nous, le personnel soignant, sommes devenus leurs geôliers », a exprimé Maude Lépine, qui constate que les gens sont en train de virer fous.

Le témoignage de cette jeune femme donne non seulement froid dans le dos, mais fait ressortir à quel point plus le temps passe, et plus la situation devient intolérable et inacceptable.

Combien de temps encore pourra-t-on garder des gens prisonniers de la sorte afin de les protéger du virus ? À partir de quel âge les autorités commencent-elles à détenir ainsi le fin mot sur la liberté ?

Combien de drames humains doit-on additionner pour réfléchir à d’autres avenues possibles ?

Mourir de solitude

Bibiane Poulin, dont la mère de 96 ans est confinée dans sa résidence privée pour aînés depuis plus de deux mois, posait cette semaine à juste titre la question suivante : « Et si, en voulant empêcher les personnes âgées de mourir de la COVID, on était en train de les condamner à mourir d’ennui et de solitude ? »

Une dame qui vit dans une maison de retraite pour personnes autonomes et semi-autonomes, et qui agit comme proche aidante auprès de son mari, m’a écrit cette semaine « que oui, on peut mourir d’inactivité, et perdre ses capacités physiques et mentales. On dit vouloir nous protéger, mais on me tue à petit feu. »

La frustration est grande, et avec raison. Au début de la crise, ça pouvait se justifier, mais il faut cesser de mettre tous les vieux dans le même panier.