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Prêt pour le grand saut

Après avoir rebâti sa confiance à Milwaukee, Frédérick Gaudreau veut revenir dans la LNH

Frédérick Gaudreau
Photo courtoisie, Admirals de Milwaukee Frédérick Gaudreau a connu une bonne saison avec les Admirals de Milwaukee, équipe-école des Predators de Nashville dans la Ligue américaine.

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Acteur inattendu des séries de 2017 avec les Predators de Nashville, Frédérick Gaudreau n’a pas visité la ville du country cette saison. Il y a un zéro dans sa colonne des matchs joués dans la Ligue nationale.

À 27 ans et à sa troisième et dernière année de contrat avec les Predators, Gaudreau ne s’attendait pas à un tel coup du sort. Il a passé l’entièreté de la saison 2019-2020 avec les Admirals de Milwaukee, dans la Ligue américaine.

Pour le commun des mortels, on pourrait croire à un pas de recul. L’attaquant originaire de Bromont n’a pas la même perception.

« Pour l’ego, ça peut être difficile de passer de la LNH à la Ligue américaine. Mais pour moi, ça ne me faisait pas mal à mon ego, a raconté Gaudreau, en entrevue téléphonique au Journal. J’étais juste content d’être à Milwaukee et d’obtenir des responsabilités importantes. »

« Honnêtement, j’ai trouvé ça super cette saison à Milwaukee. J’avais passé la saison précédente à Nashville. J’y étais resté toute l’année avec les Predators en 2018-2019. Mais j’avais trouvé ça difficile de ne pas jouer beaucoup. J’avais un temps de jeu moyen inférieur à 10 minutes. Il y a des matchs où je passais juste cinq minutes sur la glace et il y a en d’autres où je me retrouvais dans les gradins. Pour le moral et pour la confiance, ça représentait un gros défi. Quand tu ne joues pas, tu te poses des questions. J’ai grandi de cette expérience.

Pas juste les statistiques

Après une saison de quatre points (3 buts, 1 passe) à Nashville en 2018-2019, Gaudreau a amassé 28 points (11 buts, 17 passes) en 42 matchs à Milwaukee. Le regain de confiance s’expliquait au-delà des chiffres.

« Je dirais que cette année j’étais heureux juste de jouer, a-t-il répliqué. Je retrouvais les sensations de contrôler la rondelle. J’ai toujours eu comme philosophie de m’améliorer tous les jours. Je croyais que c’était la bonne chose pour moi de retourner dans la Ligue américaine. J’ai regagné un rôle important avec les Admirals. J’étais souvent sur la glace et je me présentais à l’aréna avec un groupe spécial de joueurs. Nous étions au sommet du classement dans la Ligue américaine. »

À l’annulation de la saison dans la Ligue américaine, les Admirals avaient un magnifique dossier de 41-14-8. Si la victoire redonne facilement le sourire, la présence de nombreux joueurs originaires du Québec contribuait aussi à l’ambiance.

En plus de Gaudreau, six autres joueurs de la Belle Province ont porté les couleurs des Admirals : Alexandre Carrier, Jeremy Davies, Anthony Richard, Frédéric Allard, Mathieu Olivier et Laurent Dauphin (échangé au Canadien en cours de saison).

Avant la pandémie de la COVID-19, Gaudreau regardait la date du 1er juillet comme une étape importante dans sa carrière. Il pourrait devenir joueur autonome sans compensation. Cette date sera maintenant repoussée, mais les interrogations resteront les mêmes.

Avenir incertain

« Il y a un paquet de choses qui pourraient survenir d’ici l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Avec la pandémie, il y a encore plus d’incertitudes. J’appartiens à l’organisation des Predators depuis six ans. Je peux dire que c’était six belles années. Je suis reconnaissant pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Si je dois poursuivre l’aventure à Nashville, je serai heureux. Mais si ça devait se terminer, je partirais ailleurs avec un objectif de renouveau. 

« Mon rêve reste de jouer dans la LNH. J’avais trouvé ça cool de passer une saison complète à Nashville en 2018-2019. Je ne cacherai toutefois pas que je me voyais avec un rôle important. J’aimerais avoir un impact au sein d’une équipe de la LNH. Je crois que c’est pour cette raison que j’avais le goût de retourner à Milwaukee. J’avais besoin de retrouver le sentiment d’être un joueur important.

« J’aimerais me servir de ma dernière saison comme un tremplin. Je me sens encore mieux aujourd’hui dans mon corps et dans ma tête. Les séries de 2017 m’ont prouvé que je suis capable d’être un joueur de la LNH, un joueur avec un rôle. J’ai juste besoin de retomber à la bonne place et dans la bonne case. À Nashville, ils ont donné les cases à d’autres joueurs dernièrement. Je respecte leur décision. Mais au fond de moi, je crois toujours en mes moyens. » 

Chambreur avec McCarron

Frédérick Gaudreau a de bons mots pour un ancien choix de premier tour du Canadien, Michael McCarron.

Le 7 janvier, les Predators ont acquis McCarron du Canadien en échange d’un autre attaquant, Laurent Dauphin.

McCarron n’a pas fait le saut à Nashville, jouant 27 rencontres avec les Admirals de Milwaukee, où il a obtenu 13 points (10 buts, 3 passes).

« Il était vraiment agréable, a dit Gaudreau. Michael a rapidement fait sa place au sein du vestiaire. Il était respecté, pas en raison du fait qu’il est un choix de premier tour, mais plus par sa prestance. Il était mon chambreur sur la route. J’ai vraiment eu du plaisir avec lui, il est très drôle. Sur la glace, il était très intense. Il était heureux de profiter d’un nouveau départ. Il travaillait vraiment fort en plus d’avoir du plaisir. »

Des plans inconnus

À l’image du Canadien, les Predators participeront à la formule des séries à 24 équipes. Au tour de qualification, les Predators (6es dans l’Ouest) affronteront les Coyotes de l’Arizona (11es).

David Poile, le directeur général des Predators, devra rappeler quelques joueurs des Admirals pour former une équipe de 28 patineurs.

« Je ne connais pas les intentions des Preds, a répondu Gaudreau à ce sujet. J’ai parlé à d’autres coéquipiers des Admirals et nous sommes tous dans le même bateau. Nous attendons des nouvelles de l’équipe. De mon côté, je ne regarde même pas ça. Je ne veux pas me laisser distraire. Si je reçois un appel, je reçois un appel. Mais le reste du temps, je poursuis mes entraînements. Je n’ai pas trop d’attentes. »