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Fin d’Addition Elle: onde de choc pour la clientèle

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Reitmans a annoncé lundi la fermeture de ses magasins taille plus Addition Elle, ce qui a créé une onde de choc auprès de plusieurs femmes pour qui la compagnie était presque indispensable. 

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Pour Catherine Voyer-Léger, une fidèle cliente d’Addition Elle à Gatineau, il s’agit d’une nouvelle dramatique pour l’ensemble des femmes rondes du Québec.

COURTOISIE MARIANNE DUVAL

«Ça a changé ma vie. Quand j’y allais adulte, je me disais que ma vie aurait été tellement différente si j’avais eu ça adolescente», a-t-elle expliqué.

  • Retour sur la fermeture d'Addition Elle avec Geneviève Pettersen à QUB radio:

D’après Mme Voyer-Léger, Addition Elle offrait des produits abordables et stylés pour une clientèle plus jeune avec une plus grande sélection de tailles. «Ça devient compliqué de t’habiller quand tu dépasses la taille 18 dans les magasins généralistes. C’est rare qu’on se rende à 22, à 24», a-t-elle avancé.

Même son de cloche pour Édith Bernier, consultante et conférencière en prévention de la grossophobie et en inclusion des personnes grosses.

COURTOISIE PATRICK LEMAY

«Addition Elle était l’un des rares endroits où on pouvait se procurer de la lingerie et avoir des vêtements pour le travail, a-t-elle souligné. Plusieurs femmes m’ont écrit en disant: "Mais comment je vais m’habiller, on va faire quoi?"»

Un marché à reconquérir

Mme Bernier déplore le manque criant d’offre abordable et d’accessibilité dans la mode taille plus, souvent délaissée ou peu investie par certaines entreprises.

«Les entreprises ne veulent pas être associées aux grosses personnes parce que ce n’est pas chic et elles ont peur que ça dévalorise leur marque», a-t-elle ajouté.

Propriétaire d’une boutique taille plus à Montréal, Julie Duquette pense elle aussi que le marché a besoin de regain et y voit même une opportunité d’affaires.

COURTOISIE SHOZE STUDIO

«C’est l’occasion de changer les mentalités des gens. Les gens vont acheter un peu plus local; oui, c’est plus dispendieux, mais ce sont des produits qui vont durer plus longtemps», a-t-elle expliqué.

Par courriel, Reitmans indique travailler à «diversifier et bonifier» l’offre de ses magasins Penningtons et se dit toujours engagée auprès de la mode taille plus. La compagnie a également mis la clé dans la porte de ses magasins Thyme Maternité.

«Nous envisageons la possibilité de proposer des produits Addition Elle sous la marque Penningtons. Nous tiendrons nos clientes informées tout au long de la transition», écrit l’entreprise canadienne.

Quant à elle, Édith Bernier espère que l’industrie inclura davantage les personnes de tailles plus dans son processus créatif.

«Il faut penser plus loin que juste agrandir les vêtements. Les compagnies ont tout avantage à les consulter et à créer en conséquence», juge-t-elle.

La fin d’une époque   

Propriétaire de la toute première agence de mannequinat taille plus au Québec entre 1989 et 2000, Sylvie Bédard se souvient très bien de l’ouverture du tout premier Addition Elle en 1980.

«Quand j’ai trouvé ma première paire de jeans chez Addition Elle à Montréal, mon dos a glissé contre le muret dans la cabine d’essayage et je me suis mise à pleurer, s'est-elle rappelé. Enfin, j’avais des jeans qui me faisaient.»

COURTOISIE SYLVIE BÉDARD

Selon elle, la mode taille plus ne se modernisera qu’avec l’arrivée d’Addition Elle en 1980, achetée par Reitmans au début des années 2000.

«Avant, les femmes rondes faisaient faire leurs vêtements sur mesure ou elles s’habillaient chez Penningtons et c’était très conservateur», a-t-elle expliqué.

COURTOISIE SYLVIE BÉDARD

Aujourd’hui courtière immobilière, la femme de 63 ans refuse toujours de s’habiller chez Penningtons et espère que l’industrie de la mode retrouve un peu d’amour.

«La raison pour laquelle j’ai fermé mon agence, c’est qu’au Québec, il n’y avait pas la volonté de faire de la promotion de vêtements taille plus», a-t-elle mentionné.