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Sondage: l'appui au 3e lien et au tramway s'effrite avec la crise

Les projets de troisième lien et de tramway ne recueillent plus autant d’appuis dans la population

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La pandémie a changé les priorités des Québécois: leur appétit pour le transport en commun diminue, celui pour l’auto augmente, alors que du côté de Québec, les deux projets majeurs d’infrastructures, le troisième lien et le tramway, battent de l’aile dans l’opinion publique.

Selon un sondage Léger réalisé pour le compte du Journal, la pandémie a modifié les perceptions des Québécois à plusieurs égards. 

  • Écoutez l'entrevue de la chroniqueuse politique Karine Gagnon avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:  

On envisage d’utiliser davantage l’auto, beaucoup moins le transport en commun et on prévoit que le télétravail soulagera les bouchons de circulation (voir autre texte plus bas).

En ce qui concerne les mégaprojets d’infrastructures dont on parlait abondamment avant la crise, certains ont été relégués au second plan.

Baisse d’intérêt

C’est particulièrement notable dans la région métropolitaine de Québec. Alors que le réseau structurant de transport en commun et le troisième lien entre Québec et Lévis recueillaient auparavant la faveur d’une majorité de citoyens, ils ont perdu des plumes en quelques mois à peine.

En effet, 57 % des répondants souhaitent maintenant qu’on remette le tramway en question. Le tramway recueille même un appui plus fort à Montréal avec 58 %, contre seulement 40 % dans la capitale. «C’est un peu surprenant», souligne Christian Bourque, vice-président chez Léger. 

Quant au troisième lien, qui l’été dernier était souhaité à Québec par 77 % de la population, près de la moitié des sondés voudrait qu’on y réfléchisse à deux fois avant de se lancer.

«Pour les deux projets de Québec, c’est comme si la crise venait créer un flottement. Les Québécois se demandent: quelles sont mes priorités? C’est venu brasser les cartes», analyse M. Bourque. «À très court terme, ces deux projets n’ont pas un momentum très important dans la région de Québec.» 

Fort appui à Montréal 

Dans la métropole, c’est plutôt la tendance inverse qu’on observe, en ce qui concerne les grands chantiers. «Les deux projets de transport collectif sont populaires à Montréal, malgré le contexte actuel», souligne Christian Bourque.

En effet, même durant la crise sanitaire, qui coûte cher aux gouvernements, les trois quarts des Montréalais appuient la construction du Réseau express métropolitain (REM). Le soutien est presque aussi élevé pour le prolongement du métro de Montréal (70 %).

Ailleurs au Québec, les opinions sur ces deux mégaprojets de la métropole sont plus modérées mais tout de même généralement favorables.

Différence entre les deux régions

La différence de perception est notable entre Québec et Montréal, remarque le sondeur. 

Les gens de Québec «se demandent pourquoi (le troisième lien et le tramway) seraient une priorité. On est dans une période de flottement où les gens se disent : en ce moment, on a d’autres choses à faire. Alors que les deux projets de transport collectif, à Montréal, les gens se disent : ça prend plus de transport collectif, point». 


COMPTE TENU DE LA CRISE DE LA COVID-19, PENSEZ-VOUS QUE LE GOUVERNEMENT DOIT MAINTENIR OU REMETTRE EN QUESTION LES PROJETS SUIVANTS ?

Projet de construction d’un réseau de transport structurant incluant un tramway à Québec  

  • 3,3 G$  
  • 22 km de tramway, 15 km de trambus, 16 km de voies réservées                     
Illustration courtoisie Ville de Québec

Au Québec  

  • 50 % voudrait le maintenir  
  • 32 % voudrait le remettre en question   

Dans la région métropolitaine de Québec  

  • 40 % voudrait le maintenir  
  • 57 % voudrait le remettre en question   

Projet de construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis  

  • Coût inconnu  
  • Environ 9 km de tunnel pour la circulation automobile et le transport en commun, reliant les deux centres-villes                     
Photo d'archives, Stevens Leblanc

Au Québec  

  • 35 % voudrait le maintenir  
  • 44 % voudrait le remettre en question   

Dans la région métropolitaine de Québec  

  • 50 % voudrait le maintenir  
  • 45 % voudrait le remettre en question   

Projet de construction du Réseau express métropolitain (REM) de Montréal  

  • 6,3 G$  
  • Métro léger de 67 km qui traversera la grande région de Montréal                    
Photo courtoisie

Au Québec  

  • 62 % voudrait le maintenir  
  • 22 % voudrait le remettre en question   

Dans la région métropolitaine de Montréal  

  • 76 % voudrait le maintenir  
  • 15 % voudrait le remettre en question   

Projet de prolongement du métro de Montréal  

  • 4 G$  
  • Prolongement de la ligne bleue, ajout de 5 nouvelles stations, pour une longueur de tunnel de 5,8 km                     
Photo d'archives, Agence QMI

Au Québec  

  • 60 % voudrait le maintenir  
  • 27 % voudrait le remettre en question   

Dans la région métropolitaine de Montréal  

  • 70 % voudrait le maintenir  
  • 23 % voudrait le remettre en question   

EN RAISON DE LA CRISE DE LA COVID-19, CROYEZ-VOUS QUE L’USAGE DU TRANSPORT EN COMMUN VA AUGMENTER, DEMEURER STABLE OU DIMINUER AU COURS DE LA PROCHAINE ANNÉE ?  

  • Augmenter : 9 %  
  • Demeurer stable : 27 %  
  • Diminuer : 59 %  
  • NSP/Refus : 5 %   

EN RAISON DE LA CRISE DE LA COVID-19, CROYEZ-VOUS QUE L’USAGE DE LA VOITURE PERSONNELLE VA AUGMENTER, DEMEURER STABLE OU DIMINUER AU COURS DE LA PROCHAINE ANNÉE ?   

  • Augmenter : 42 %  
  • Demeurer stable : 35 %  
  • Diminuer : 19 %  
  • NSP/Refus : 4 %   

CROYEZ-VOUS QUE LE NOMBRE DE PERSONNES QUI FONT DU TÉLÉTRAVAIL VA AVOIR UNE INCIDENCE SUR LES BOUCHONS DE CIRCULATION AU QUÉBEC ?  

  • Oui : 84 %  
  • Non : 12 %  
  • NSP/Refus : 4 %   

MÉTHODOLOGIE | Le sondage web a été réalisé du 22 au 24 mai 2020 auprès de 1003 Québécois, âgés de 18 ans ou plus. Les résultats ont été pondérés. À titre comparatif, la marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1003 répondants est de 3,1 %, et ce, 19 fois sur 20. Sur les 1003 répondants, 400 provenaient de la Région métropolitaine de recensement de Montréal (marge d’erreur de +/-4,7 %, 19 fois sur 20) et 302 provenaient de la région de la Capitale-Nationale (marge d’erreur de +/- 5,66 %, 19 fois sur 20). Lorsque les résultats totaux pour le Québec sont présentés, le poids relatif de chacune des régions dans la population totale du Québec est rétabli, afin que ce total soit représentatif de la distribution de la population sur le territoire. 

Moins de bus, plus d’autos et de télétravail         

Il y a moins de trafic sur les routes depuis le début de la pandémie.
Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Il y a moins de trafic sur les routes depuis le début de la pandémie.

Les Québécois s’attendent à utiliser davantage leur auto et beaucoup moins le transport collectif au cours de la prochaine année, mais ils estiment que le télétravail réduira les bouchons sur la route.  

  • ÉCOUTEZ la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec pour Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, à QUB Radio:   

Le sondage mené par Léger pour le compte du Journal révèle qu’une forte majorité des Québécois pense que l’achalandage dans les transports en commun va chuter.

«À court terme, il n’y a pas grand monde qui veut aller prendre l’autobus ou le métro. Ça nous tente moins. Quand on parle de la prochaine année, les gens s’attendent massivement à une baisse de l’achalandage du transport collectif», indique Christian Bourque, vice-président chez Léger.

En contrepartie, plus de 40 % des sondés croient que l’usage de la voiture personnelle s’accroîtra dans la prochaine année.

«C’est vrai pour l’ensemble des régions, mais surtout pour la région de Montréal où on pense que les gens vont aller vers l’auto-solo plus que le transport collectif.»

Bouchons moins pénibles?

L’espoir réside dans le télétravail, alors que 84 % de répondants se disent convaincus qu’il les délivrera des bouchons de circulation. «Un pourcentage identique partout.»

«Ça semble un paradoxe, mais c’est la situation avec laquelle ils vivent. Si on ajoute des autos sur la route, mais qu’on en enlève de l’autre bord, la question est intéressante de se demander si la résultante sera plus de voitures dans le système routier.»