/opinion/blogs/columnists
Navigation

La fièvre monte au pays du Joker

La fièvre monte au pays du Joker
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Ce n’est pas le coronavirus et les 100 000 Américains morts de la COVID-19 qui font grimper le thermomètre, mais plutôt l’assassinat en direct à Minneapolis d’un Afro-Américain appréhendé et plaqué au sol par un policier blanc au passé trouble et violent.

Tandis que le policier Dereck Chauvin au regard impavide fixait la caméra en maintenant la pression de son genou sur le cou de Floyd, les curieux tétanisés ont quand même eu la présence d’esprit de filmer cette scène insoutenable. Le pauvre homme suffoquait, étendu sur le bitume, en parvenant à peine à articuler: «I can’t breathe» (Je ne peux pas respirer). Le flic véreux est demeuré sourd à ses supplications. L’homme a perdu conscience et est mort quelques minutes plus tard. 

La mise en ligne de la courte vidéo montrant le déroulement de cette atrocité a embrasé le pays. 

Profilage racial en règle, le délit le plus flagrant de George Floyd, c’était sa couleur de peau. Les Américains d’origine hispanique, asiatique et amérindienne n’échappent pas eux non plus aux interventions policières musclées. 

Le règne d’Obama n’aura pas suffi à enrayer le racisme systémique qui gangrène ce pays. Hélas, chez l’oncle Sam, le premier réflexe des forces de l’ordre est de considérer un Afro-Américain comme suspect. Et on ne pratique pas le tir de sommation, on tire à vue. 

Il aura fallu près de quatre jours avant l’arrestation et l’inculpation de Chauvin. Quant aux trois autres policiers présents sur les lieux, non seulement ils ne sont pas intervenus pour porter secours à Floyd, mais ils sont toujours en liberté. 

Comment s’étonner alors que la situation soit devenue explosive dans la plupart des grandes villes américaines et même ailleurs dans le monde? Ce dimanche à Montréal, des manifestants sont aussi descendus dans les rues du centre-ville.

Toutefois, ces manifestations qui démarrent sur un mode pacifiste dégénèrent souvent parce qu’elles sont noyautées par des groupuscules qui, sans égards à la cause, en profitent pour se livrer au pillage et au saccage.

Ici comme ailleurs, ces affrontements ne réussissent qu’à faire augmenter la répression. 

Sans oublier qu’ils suscitent les gazouillis incendiaires du Joker bleaché, qui tweete en écoutant Fox News, le son dans le tapis. À moins que Fox News soit encore en pénitence... 

«Black lives matter»

Aucun être humain sur terre ne devrait vivre dans la crainte d’être tué à cause de la couleur de sa peau.

Aux États-Unis, les leaders afro-américains doivent maintenant convaincre leurs frères de l'importance de «Black votes matter», parce que c’est aussi au bureau de vote que le changement prend forme. Pour que les Dereck Chauvin de ce monde ne trouvent plus de job dans la police.