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Décès de George Floyd: «un meurtre en direct» - Jean Pascal

Conf�rence Jean Pascal
Photo d'archives, Ben Pelosse Jean Pascal est dégoûté par les images montrant l’agent Derek Chauvin poser le genou derrière le cou de George Floyd.

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Tristesse et colère. Ce sont les premières émotions vécues par Jean Pascal lorsqu’il a vu les images troublantes de l’arrestation qui a mené à la mort de George Floyd.

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« C’est une situation très difficile pour les policiers, les manifestants, mais aussi pour le peuple noir, a déclaré le champion du monde WBA des mi-lourds, lors d’une entrevue téléphonique. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec le boxeur Jean Pascal à QUB radio:

« Ce qui est arrivé à George Floyd, c’est vraiment terrible. C’est un meurtre en direct. En 2020, c’est inacceptable de voir cela.

Conf�rence Jean Pascal
Photo AFP

« Ça rappelle le temps où le KKK [Ku Klux Klan] lynchait des Noirs en direct. Ils les tiraient avec leurs camions ou leurs chevaux. »

L’autre côté de la médaille

Ancien étudiant en techniques policières au cégep, Pascal peut également parler de l’autre côté de la médaille. 

« Ce qu’on a vu, ce n’est pas une technique qui est enseignée à l’école de police, soit de mettre un genou sur la nuque du délinquant, surtout pendant neuf minutes », a expliqué le pugiliste de 37 ans. 

« En plus, on voit d’autres policiers qui sont témoins de la scène et qui ne font rien. La victime n’était pas dangereuse. C’est un homme de 40 ans qui implore sa mère. Le policier n’a jamais bronché. Ce n’est pas un meurtre au troisième degré, mais bien au premier degré. »

Lors de son premier visionnement, Pascal ne se doutait pas que les images qu’il allait voir le troubleraient autant. 

« J’étais attristé et très choqué. Si j’avais été à quelques pas de la scène, je serais possiblement intervenu, malgré le fait que j’aurais pu me retrouver dans le pétrin. Au minimum, j’aurais poussé le policier pour qu’il enlève son genou de la nuque de la victime. J’aurais eu des ennuis avec la justice, mais j’aurais pu sauver la vie de ce monsieur. »

Racisme au hockey

Au Québec, le racisme est moins toléré, mais il est encore présent, selon le pugiliste. 

« Il y a eu une évolution, mais elle est minime, a indiqué Pascal. Lorsque j’étais jeune, j’ai été victime de racisme lorsque j’ai joué au hockey élite. 

« On me traitait de nègre et on me disait que je devais retourner dans mon pays. Ce sont des événements qui ont forgé mon caractère. Le racisme, c’est la peur de la différence. »

Il a aussi vécu un événement lorsqu’il a commencé à fréquenter des filles. 

« Elles me disaient qu’elles me trouvaient beau et qu’elles m’aimaient bien. Cependant, plusieurs me disaient que leurs parents ne voulaient pas qu’elles sortent avec un Noir. Comme si j’étais une espèce différente ou une maladie. Ça m’avait beaucoup marqué. »

L’éducation, la solution

Comment arrêter ce fléau qui perdure depuis des décennies ?

« Nous avons manifesté et fait du grabuge pendant des années. Ça n’a rien changé. Je crois que la solution démarre avec l’éducation des enfants. 

« C’est avec l’éducation que nous pourrons changer la mentalité des gens. Il faut les éduquer à respecter les différences. À la fin de la journée, nous sommes une seule race, celle de la race humaine. 

« C’est important de nous unir. Nous sommes une seule nation et une seule race. »