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Automatisation des activités: Molson abolira 188 postes en déménageant en banlieue

Les nouvelles installations de Longueuil nécessiteront moins de travailleurs

L'usine Molson de Longueuil est toujours en construction dans le secteur de l'aéroport de l'arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil.
L'usine Molson de Longueuil est toujours en construction dans le secteur de l'aéroport de l'arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil.

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Près de 190 travailleurs de Molson perdront leur poste lors du déménagement de l’usine de la rue Notre-Dame au pied du pont Jacques-Cartier à celle de Longueuil, en 2021, a appris Le Journal.

« On savait qu’il y aurait des réductions de postes parce que l’usine allait être plus moderne et que son volume de production serait un peu moins élevé. C’est un jour triste pour les travailleurs », a soupiré Éric Picotte, président du syndicat local des Teamsters de Molson Coors.

Plus de 171 travailleurs syndiqués Teamsters perdront leur emploi en 2021 quand les activités brassicoles seront transférées à sa nouvelle usine de Longueuil, un chiffre qui bondit à 188 avec les cadres et gestionnaires.

Après ces suppressions de postes prévues  l'an prochain, il ne restera que 351 travailleurs syndiqués sur les 522.

« Un total de 188 employés de la chaîne d’approvisionnement seront touchés par ces changements, dont 87 employés permanents et 101 temporaires, a précisé le porte-parole de Molson Coors François Lefebvre. Cette restructuration sera effective dans les 12 à 20 prochains mois. »

En début d’année, Molson Coors a remercié une quarantaine de travailleurs à Montréal et à Québec, dans le cadre d’une vaste restructuration qui prévoyait supprimer jusqu’à 500 postes en Amérique du Nord.

Le président du syndicat local des Teamsters de Molson Coors, Éric Picotte, avait l’impression d’assister à la fin d’une époque mardi avec ces suppressions de postes.
Photo Francis Halin
Le président du syndicat local des Teamsters de Molson Coors, Éric Picotte, avait l’impression d’assister à la fin d’une époque mardi avec ces suppressions de postes.

Page d’histoire

Mardi, le brasseur a admis que « moins de personnes [seront] nécessaires pour faire fonctionner l’équipement dans la nouvelle brasserie » de Longueuil en raison des nouvelles technologies, qui amélioreront son efficacité. 

​« C’est une usine patrimoniale. Ça fait plus de 230 ans qu’elle est ici, s’est désolé Éric Picotte des Teamsters. C’est un choc. Les travailleurs ont déjà subi les impacts négatifs de la canette, qui a remplacé la bouteille brune. Ils subiront les contrecoups du déménagement. »

Ces dernières années, le géant mondial de la bière Molson Coors, né du mariage de Molson du Canada et de l’américaine Coors il y a 15 ans, a perdu du terrain au Québec au profit des États-Unis.

En janvier dernier, Le Journal avait obtenu des organigrammes de Molson Coors démontrant que l’on prévoyait n’avoir aucun des 72 dirigeants de l’entreprise domiciliés au Québec, même si l’entreprise a été cofondée à Montréal en 1786. 

Aujourd’hui, une grande partie du pouvoir est concentrée à Chicago, où se trouve le siège social du septième plus important brasseur au monde.

Pas de commentaire

Mardi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui participait à une annonce économique, a été avare de commentaires concernant la perte de ces emplois d’usine, qui peuvent dépasser les 30 dollars l’heure.

« Nous trouvons cela très triste comme chaque fois que nous entendons que des emplois seront perdus sur le territoire montréalais », s’est-elle limitée à dire par la bouche de sa porte-parole Geneviève Jutras.

Quand on lui a demandé si Montréal était devenue moins attrayante pour les entreprises comme Molson, qui n’hésite plus à lui tourner le dos pour la banlieue, elle a refusé de revenir sur la question.  

« On s’est déjà exprimé sur le déménagement de Molson », a-t-elle coupé court.

– Avec la collaboration d’Elsa Iskander


Au premier trimestre, Molson Coors a vu ses ventes chuter de de 8,7 %, à 2,1 milliards de dollars.