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De quoi a-t-on peur?

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Dégoûtant, choquant. François Legault n’a pas mâché ses mots pour décrire la mort de George Floyd aux États-Unis.

Il s’est même aventuré sur le terrain miné du racisme : « On a encore du travail à faire. On le sait, ça existe encore. »

Depuis le temps qu’on a peur de dire ces choses au Québec, la candeur du premier ministre était plus que bienvenue.

Il brandit même la prochaine politique sur les forces policières sur laquelle planche la ministre de la Sécurité publique comme preuve qu’il compte s’attaquer au problème du profilage racial.

Or, c’est là le strict minimum.

Le Québec en retard

Ça fait des décennies que des rapports sur le biais des forces policières mordent la poussière.

Pas plus tard qu’en octobre dernier, une nouvelle étude confirmait que les jeunes noirs et arabes risquent 4 fois plus de se faire interpeller que les Blancs à Montréal.

Huit mois plus tard, on attend toujours les réformes promises.

Pire, la semaine dernière, plutôt que de forcer le SPVM à colliger des données précises sur le profilage racial, le conseil municipal a préféré lancer une autre étude.

Pas difficile de comprendre le ras-le-bol de cette communauté !

Le pied sur le frein

Si on ose enfin aborder la question du profilage racial, la classe politique demeure bien timide sur l’enjeu plus large.

Discrimination systémique ? Ça n’existe pas ici, selon François Legault.

Faut croire que le Québec est la seule société occidentale à ne pas croire qu’il subsiste des politiques institutionnelles, des attitudes, inconscientes et à première vue anodines, qui nuisent à l’égalité des minorités raciales.

Pourquoi avons-nous si peur d’affronter la réalité ?

Il ne s’agit pas ici de faire le procès des Québécois, mais de s’ouvrir assez à la réalité des autres pour apprendre de nos erreurs.