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Des données publiques de Loto-Québec soudain «confidentielles»

L’ancien ministre des Finances, Carlos Leitão, juge la situation «inacceptable»

Le casino de Montréal
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI Le casino de Montréal

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En l’espace d’un an, les performances financières des casinos et des salons de jeux de Loto-Québec sont devenues des données «confidentielles» trop sensibles pour être divulguées même via l’accès à l’information. Une situation «inacceptable», dit l’ancien ministre des Finances, Carlos Leitão.

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La société d’État refuse, aujourd’hui, de dévoiler les résultats financiers de chacun de ses établissements de jeux à travers la province. Elle préfère maintenant offrir un portrait d’ensemble, ce qui fait en sorte qu’il n’est plus possible de connaître les sites les moins rentables au Québec.

Avant son exercice financier 2019-2020, Loto-Québec avait toujours ventilé dans ses rapports trimestriels les performances par établissement. Ces données ont notamment permis de dévoiler, par le passé, les difficultés éprouvées par les casinos de Charlevoix et de Mont-Tremblant.

Dans une demande d’accès à l’information transmise en février, dont la réponse est tombée le 28 mai, Loto-Québec mentionne que les données sur ses casinos sont «de nature commerciale, traitées de façon confidentielle». Hier, la société d’État n’a pas été en mesure de fournir plus d’explication.  

Aucun sens

Pour l'ancien ministre libéral des Finances et aujourd’hui porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Carlos Leitão, le refus de Loto-Québec de divulguer ces informations financières n’a aucun sens.

«C’est très surprenant! C’est de l’information pertinente. Nous avons quelques casinos au Québec et nous savons qu’il y en a un très performant, à Montréal, et les autres beaucoup moins. L’information avait toujours été disponible pour comparer et poser des questions» indique-t-il.

Carlos Leitão, parole de l'opposition officielle en matière de finances
Photo d'archives, Agence QMI
Carlos Leitão, parole de l'opposition officielle en matière de finances

Ce dernier mentionne d’ailleurs que la CAQ l’avait souvent interrogé lorsqu’il était ministre à partir de données qui provenaient de ces rapports financiers. Il rappelle aussi que Loto-Québec est un «monopole».

M. Leitão déplore le fait qu’il est maintenant impossible ou presque de chiffrer l’impact des investissements réalisés par la société d’État pour augmenter l’achalandage et les revenus dans ses établissements.

«Loto-Québec a mis beaucoup d’argent dans son casino à Gatineau (Lac-Leamy) pour le rénover et lui donner une nouvelle mission. Est-ce que cela a marché? On ne le sait pas. Même au Casino de Montréal, il y a eu des investissements. Est-ce que l'Atelier de Joël Robuchon a été rentable? À l’époque, on m’avait vendu l’idée comme quelque chose de très intéressant financièrement», dit-il.

Par ailleurs, Loto-Québec a récemment choisi de fusionner la gestion de ses salons de jeux à des casinos. L’établissement dans la Capitale-Nationale relèvera de Charlevoix et celui de Trois-Rivières de Montréal.

Au cours des dernières années, les difficultés financières du Casino de Charlevoix avaient fait couler beaucoup d’encre alors que le Salon de jeux de Québec gagnait en popularité. Le gouvernement n’a d’ailleurs toujours pas statué sur son déménagement.