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Les pédiatres prônent l’abolition de la règle des 2 mètres en classe

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L’Association des pédiatres du Québec (APQ) affirme qu’il est « essentiel » d’abolir la règle des deux mètres dans les écoles cet automne, ce qui permettrait un retour à temps complet de tous les enfants en classe, alors que ce scénario est à l’étude par Québec.

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« On n’a aucun argument, même pas au niveau épidémiologique, pour maintenir le deux mètres. Ça défie toute logique. Ce serait un non-sens d’essayer de réguler des enfants comme des petits robots », affirme d’entrée de jeu la Dre Marie-Claude Roy, porte-parole de l’APQ. 

Les dernières données démontrent que les enfants sont peu susceptibles de transmettre le virus alors qu’au Québec­­­ et en Europe, le retour en classe se passe bien, souligne la Dre Roy.

« Certaines mesures que l’on impose aux enfants ont probablement moins d’impact sur la courbe épidémiologique que ce qu’on s’imaginait au début. »

Selon la Dre Roy, abolir les deux mètres à l’intérieur de la classe tout en limitant les interactions entre les groupes d’élèves serait « une très belle solution de compromis qui permettrait de rester prudent tout en laissant les enfants interagir de façon saine ».

Un enfant serait ainsi exposé à ses camarades de classe, mais non à tous les élèves de l’école. Il s’agirait d’une mesure beaucoup plus réaliste à faire respecter à l’école. « Pour la rentrée de septembre, c’est ce qu’il faut viser, pour le bien-être de tous », ajoute la porte-parole de l’APQ. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Dre Marie-Claude Roy à l'émission On n'est pas obligé d'être d'accord à QUB Radio:  

Assouplissement pour les ados

La position de l’Association des pédiatres est un peu plus nuancée pour les adolescents, puisque le risque de contamination augmente avec l’âge. Les mesures de distanciation sociale devraient toutefois aussi être assouplies, selon la Dre Roy.

Le décrochage ou les problèmes psychologiques sont aussi des enjeux de santé publique qu’il ne faut pas négliger, affirme-t-elle.

« Est-ce qu’il faut permettre une distance d’un mètre pour les ados, permettre certains contacts en sous-groupe, dans les activités sportives notamment ? Ce sont des avenues que la santé publique devra explorer. Sinon, l’impact au niveau de la santé publique risque d’être encore plus grave que le virus. »

La fréquentation scolaire à mi-temps, qui est un autre scénario à l’étude par Québec pour la rentrée, serait « un excellent début » pour le secondaire, selon la Dre Roy. « Mais il faut aller plus loin », ajoute-t-elle.

La Dre Roy insiste par ailleurs sur le respect « très strict » des règles pour les adultes, afin de donner de l’air aux jeunes. « Plus nos adultes vont être rigoureux, plus on va pouvoir permettre à nos enfants de vivre normalement », affirme-t-elle.