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Justin Trudeau dénonce le racisme systémique au Canada

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OTTAWA | Le premier ministre Justin Trudeau a dénoncé ce matin le racisme systémique qui a cours selon lui au Canada, dans la foulée des manifestations aux États-Unis.

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«Ici au Canada, nous avons aussi de grands défis, a-t-il déclaré en point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage. Nous avons de la discrimination systémique. Ça veut dire que nos systèmes, nos institutions, ne traitent pas de la même façon les Canadiens d’origine diverse que d’autres.»

M. Trudeau a invité les Canadiens à ne pas minimiser l’ampleur du phénomène du racisme au pays en le comparant à celui vécu aux États-Unis par les Noirs et les minorités.

Le discours du premier ministre canadien tranche avec celui de son homologue québécois François Legault.

Le long silence de Trudeau

M. Legault admet que le Québec vit des «problèmes de profilage racial», mais refuse de qualifier de systémique le racisme vécu ici par les personnes de couleur.

Justin Trudeau a refusé de condamner directement son homologue américain Donald Trump, qui appelle à des actions toujours plus musclées des forces de l’ordre contre les manifestants.

Lors de son point de presse quotidien, un journaliste lui a demandé pourquoi il refusait systématiquement de commenter les actions de M. Trump, avec lequel il entretient des relations compliquées, et quel message cela envoyait selon lui à la population.

Mais alors qu’il est généralement prompt à répliquer du tac au tac aux journalistes, M. Trudeau a fait une très inhabituelle pause de plus de vingt secondes avant de répondre. 

«Nous regardons avec horreur et consternation ce qui se passe aux États-Unis», a-t-il finalement déclaré, reprenant des paroles prononcées la semaine dernière face à la multiplication des manifestations violentes aux États-Unis. 

«C’est le moment de rassembler les gens», a poursuivi M. Trudeau, sans jamais mentionner le nom du président américain dans sa réponse. «C’est le moment d’écouter, d’apprendre quelles sont les injustices qui se poursuivent depuis des années voire des décennies malgré des progrès.»

Le premier ministre aura la chance d'étayer sa pensée dans un discours sur le racisme et la discrimination plus tard aujourd’hui à la Chambre des communes.

- Avec l'AFP