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Keisha Lance Bottoms: la colistière parfaite?

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Son nom circule beaucoup dans les médias américains depuis quelques jours. Que ce soit le New York Post, le Wall Street Journal, CNN ou CBS, on relaye ses déclarations et on suppute sur ses chances d’attirer l’attention de l’entourage de Joe Biden. Keisha Lance Bottoms est la mairesse d’Atlanta. Son attitude et ses déclarations depuis le début de la crise piquent la curiosité et lui méritent des éloges. 

Femme noire et mère de quatre enfants, elle a réagi avec calme et sagesse face aux manifestations qui touchent le pays et son État depuis quelques jours. Je vous laisse ici un extrait d’une de ses déclarations aux casseurs et aux manifestants violents. Avec un rare aplomb, elle demande aux gens de rentrer chez eux, n’hésitant pas à mettre de l’avant sa propre expérience de femme noire aux États-Unis.

Avant cette déclaration devenue virale, peu d’Américains à l’extérieur de la Georgie ou de la ville d’Atlanta la connaissaient. Son leadership dans cette tourmente peut-il lui permettre de devancer les Kamala Harris, Stacey Abrams, Val Demings ou Elizabeth Warren? Il est indéniable que le contexte actuel limite la marge de manoeuvre de Joe Biden pour le choix de sa colistière. À tout le moins, on oriente la réflexion.

Biden ne cesse de répéter que l’électorat noir ne lui est pas acquis, mais que les chances de progresser sont meilleures avec lui à la Maison-Blanche. Comme les femmes compétentes ne manquent pas dans la liste de candidates, peut-il encore se permettre d’ignorer une candidate noire au profit d’une blanche? Le nom d’Elizabeth Warren circule beaucoup depuis deux semaines. Elle possède toutes les qualités requises, même si à 70 ans elle ne rajeunit pas le ticket démocrate. 

Les pressions sur Biden sont de plus en plus fortes pour qu’il choisisse une femme noire. Nous savons déjà qu’il préfèrerait que sa colistière ait une certaine expérience en politique fédérale. Seule Kamala Harris lui offre ce bagage. Mais Mme Harris fut également procureure et il y a fort à parier qu’on scrutera toutes ses déclarations et décisions concernant la question raciale. Si elle a l’assurance nécessaire pour se défendre et justifier son comportement, on peut penser que Biden préférait réduire au minimum le potentiel de controverses sur ce sujet. On ne fait pas la leçon à Trump pour ensuite avoir à expliquer des décisions passées de sa colistière. 

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Si la mairesse d’Atlanta n’est en poste que depuis deux ans, tout comme Val Demings, elle offre des qualités personnelles qui pourraient pallier son manque d’expérience. Jeune et confiante, elle n’hésite pas à parler directement à la communauté noire. Elle le fait comme seule une membre de la communauté peut le faire et elle peut légitimement se réclamer de grands leaders du passé.

Parmi ses nombreuses déclarations des derniers jours, j’ai relevé une référence à Martin Luther King: «A protest has a purpose. When Dr. King was assassinated, we didn’t do this to our city. So, if you love this city, this city that has had a legacy of black mayors and black police chiefs and people who care about this city where more than 50 percent of the business owners in metro Atlanta are minority-business owners, if you care about this city, then go home.»

Dans la citation qui précède, elle se permet de faire la leçon aux manifestants. On manifeste quand on a un motif pour le faire et on ne détruit pas sa ville. Elle évoque les dirigeants noirs qui ont marqué l’histoire d’Atlanta pour faire ressortir le tort qu’ils font à leur communauté en pillant et en saccageant la ville.

Ces jours-ci, vous en connaissez beaucoup, des leaders, qui peuvent à la fois réconforter la communauté noire tout en lançant un appel au calme et à la retenue? Il y en a bien peu qui ont l’expérience personnelle et la crédibilité de Keisha Lance Bottoms.