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Commerces et déconfinement: les consommateurs doivent s’attendre à payer plus cher

La facture des mesures sanitaires sera refilée aux clients pour certains produits et services

Des professionnels et commerçants ont confirmé devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires. Les consommateurs débourseront donc davantage pour certains produits et services.
Photo Jean-François Desgagnés Des professionnels et commerçants ont confirmé devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires. Les consommateurs débourseront donc davantage pour certains produits et services.

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Coiffure, dentiste, soins personnels et même épicerie : plusieurs services et produits coûteront désormais plus cher aux Québécois, un effet collatéral de la pandémie.

Des professionnels et des commerçants ont confirmé au Journal devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires.

Cette nouvelle réalité se reflète déjà sur la facture des clients. Par exemple, à la Clinique dentaire Anne Bédard, à Saint-Hyacinthe, en Montérégie, on ajoute 15 $ pour une consultation avec un hygiéniste, et 30 $ pour une avec un dentiste.

«Les nouvelles normes imposées par la Santé publique requièrent des investissements importants dans chaque clinique dentaire. Pour compenser une partie de ces frais, un montant additionnel raisonnable pourrait être facturé au patient», explique le Dr Carl Tremblay, président de l’Association des chirurgiens dentistes du Québec.

L’Association des optométristes confirme avoir recommandé à ses membres une augmentation de 10 $ pour des raisons similaires.

«L’Association émet des suggestions pour guider les optométristes, mais ceux-ci peuvent les suivre ou non», souligne toutefois son président, Guillaume Fortin. 

Soins corporels

De nombreux salons de coiffure refileront également une partie de cette «taxe COVID» à leurs clients.

«Je prends moins de rendez-vous par jour pour ne pas engorger la salle d’attente. Je laisse 20 minutes entre chacun pour désinfecter. Il y a aussi tous les nouveaux équipements à acheter, comme les capes, les masques et les produits nettoyants», a justifié Julie Demers, coiffeuse au Salon VOG, à Saint-Hyacinthe.

«Tous les professionnels de soins personnels vont devoir augmenter leurs prix pour acheter les blouses, les gants, le gel désinfectant, et parce qu’ils ne peuvent plus voir autant de clients dans une journée», renchérit Nicole Lussier, propriétaire de la clinique Objectif santé bien-être, située aussi dans la ville maskoutaine.

Toilettage et épicerie

Le prix du toilettage pour animaux pourrait également augmenter, comme ce sera le cas au salon Toilettage Izanimo, à Drummondville, dans le Centre-du-Québec.

«Je n’ai pas le choix. Je dois mettre plus de temps par chien et en prendre moins à la fois», explique la propriétaire Isabelle Bergeron.

Le panier d’épicerie coûte déjà plus cher. 

«Le taux d’inflation alimentaire (3,4 %) est quatre fois plus élevé que le taux d’inflation général (-0,2 %) au Canada. Ça paraît dans le panier d’épicerie», souligne Sylvain Charlebois, directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de la Faculté d’agriculture de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.

Selon ses prévisions, le prix du bœuf, du porc et du poulet devrait respectivement bondir de 8, 5 et 3 % cette année.

«Nous croyons que les prix vont augmenter sur les deux ou trois prochaines années», dit-il.

Le milieu de la restauration se livrera une guerre de prix à l’ouverture, mais la facture finira elle aussi par être en hausse d’ici 2021, d’après M. Charlebois.

– Avec Cédérick Caron et Catherine Genest, Agence QMI

La file chez le barbier  

Des professionnels et commerçants ont confirmé devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires. Les consommateurs débourseront donc davantage pour certains produits et services.
Photo Catherine Bouchard

L’ambiance était à la fête, au salon Coiffure au Masculin 2000, alors qu’une vingtaine de personnes faisaient la file dès 7h30, lundi matin, soit une heure et demie avant l’ouverture.

La propriétaire du salon, Linda Lemay, était prête pour accueillir ses clients dans un environnement modifié dans le contexte de pandémie. 

«Il n’y a que mes capes jetables, qui ne sont pas arrivées. J’ai dû acheter du plastique et en découper moi-même, à partir d’un patron que j’ai fait», souligne Mme Lemay.

Elle a déboursé près de 3000 $ pour s’équiper en fonction des exigences sanitaires, la forçant à augmenter ses prix de 15%.

— Catherine Bouchard 

Coiffeurs au poste dès minuit  

Des professionnels et commerçants ont confirmé devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires. Les consommateurs débourseront donc davantage pour certains produits et services.
Photo Catherine Bouchard

Les propriétaires du salon Folio Coiffure, chemin Saint-Louis, à Québec, avaient hâte de recommencer!

Elles ont relancé leurs activités en grand en reprenant les ciseaux dès minuit, lundi. Tapis rouge et ballons attendaient les clients pour un véritable marathon de coiffure qui a duré 16 h. 

Le coiffeur Ahmed Hamash (photo) a lui aussi accueilli son premier client à 00h01, hier. «C’était symbolique», indique le coiffeur, précisant du même souffle qu’il n’a pas travaillé toute la nuit.

Il a repris le boulot hier matin avec les nouvelles normes imposées par la santé publique. Il fonctionne désormais avec une prise de rendez-vous afin de pouvoir respecter les normes d’hygiène.

— Catherine Bouchard

Un «rabais sanitaire»  

Des professionnels et commerçants ont confirmé devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires. Les consommateurs débourseront donc davantage pour certains produits et services.
Photo Jean-François Desgagnés

Si quelques commerçants ont pris la décision d’ajouter des «frais sanitaires» à leurs factures, certains comme TPM Hobby & Collection, à Fleur de Lys, ont fait totalement l’inverse.

Les clients qui entreront désormais dans le magasin avec un masque sur le visage se verront offrir un rabais d’un dollar sur les produits qu’ils achèteront.

«Je leur offre cette petite promotion pour rendre [les mesures] moins lourdes. On ne veut pas écœurer le monde, ils ne sont pas obligés d’en avoir un. Mais c’est un petit incitatif supplémentaire pour être solidaire», explique le propriétaire de l’établissement, Jean-Pierre Samson (photo).

— Jérémy Bernier

Pas tous ouverts  

Des professionnels et commerçants ont confirmé devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires. Les consommateurs débourseront donc davantage pour certains produits et services.
Photo Jean-François Desgagnés

Il y a une semaine, le gouvernement Legault a annoncé que les magasins des centres commerciaux pouvaient rouvrir leur porte à compter d’hier. Or, plusieurs affichaient encore «fermé», hier.

À Fleur de Lys, on parle de 70 % des commerces qui sont ouverts, tandis qu’à la Place Ste-Foy, on parle plutôt de 65 % des magasins qui sont opérationnels. Aux Galeries de la Capitale, on estime cette donnée à plus de 55 %. 

«Certaines boutiques ont besoin d’un peu plus de temps pour préparer leur inventaire, faire le ménage, rappeler leurs employés ou instaurer les nouvelles mesures sanitaires», explique Donald Larose, directeur général de Laurier Québec et Place Ste-Foy.

Les différents établissements font état d’un achalandage de 70 % à 80 % par rapport à un lundi prépandémie ordinaire.

— Jérémy Bernier

Terminé le flânage  

Des professionnels et commerçants ont confirmé devoir hausser leurs prix afin de couvrir les frais liés aux mesures sanitaires. Les consommateurs débourseront donc davantage pour certains produits et services.
Photo Jean-François Desgagnés

À la réouverture de leurs boutiques, les commerçants ont remarqué une tendance bien particulière : les clients ne font plus de lèche-vitrine.

Beaucoup font des recherches sur ce qu’ils veulent sur le web avant de se présenter sur place.

«Le taux de conversion est vraiment à la hausse. Il y a moins d’indécis, de flânage ou de réflexion. Les gens viennent et savent ce dont ils ont besoin. On appelle ça un magasinage efficace», lance Jonathan Trudel (photo), copropriétaire de Fleur de Lys.

«On sent que ce n’est plus comme avant. On cible directement ce qu’on veut avant d’aller au magasin», confirme Yves Morissette, qui se dirigeait au Simons des Galeries de la Capitale avec sa conjointe.

— Jérémy Bernier

Les physios sont sollicités  

Blessures de mauvaise posture en télétravail et reprise du sport obligent, les physiothérapeutes de la province ont repris le travail hier. 

«On sent l’engouement, le téléphone sonne. On voit que les maux de dos de télétravail sont bien présents», affirme Gilles Courchesne, des cliniques PCN Physio. 

Les exigences du gouvernement en matière sanitaire compliquent toutefois la tâche des professionnels.

«Les exigences ont changé mercredi dernier. On nous demande de changer l’équipement de protection entre chaque patient, donc il a fallu réorganiser nos commandes», explique M. Courchesne, rappelant à quel point les équipements sont difficiles à trouver.

Même son de cloche chez Groupe Novaction, où l’on opère qu’à 40 % de capacité. «On ne voit qu’un client à l’heure et on doit répartir les rendez-vous pour qu’il y ait moins de monde en clinique. On évalue même la possibilité de faire des semaines de 6 jours», souligne le propriétaire Steeve Lavoie.

— Pierre-Paul Biron