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Les États-Désunis

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Photo AFP Les États-Unis en crise.

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C’est une plaie béante qui s’agrandit. Une plaie réinfectée depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’homme qui gouverne pour sa clientèle et non pour le bien supérieur de son pays.

Donald Trump est un personnage immoral. Sa détestation s’exprime pour tous les Américains qui n’adhèrent pas à son narcissisme pathologique, qu’ils soient démocrates ou républicains, noirs ou blancs, jaunes ou bruns. Il n’est pas raciste dans le sens ordinaire du terme, mais il appuie tous ceux qui le sont et qui votent pour lui. 

Il est plutôt l’héritier idéologique de son père sympathisant du Ku Klux Klan. Jadis vaguement démocrate, Donald Trump a rejoint le parti républicain, qu’il a réussi à kidnapper à son propre profit.

Il n’a aucune loyauté envers ceux qui le servent. À preuve, il peut les congédier au moyen d’un tweet ou d’un claquement de doigts. Les serviteurs peuvent être brillants ou stupides, riches ou modestes, blancs ou jaunes, et parfois, hélas, noirs.

Dynastie

Son seul rêve est de se faire réélire et de créer ensuite sa propre dynastie présidentielle en commençant avec sa fille Ivanka, déjà installée à la Maison-Blanche, mais qu’il imagine dans le Salon ovale assise dans le fauteuil qu’il aura réchauffé.

Donald Trump dédouane par sa gouvernance tous les racistes qui, du sud au nord du pays, se proclament fièrement les vrais patriotes. 

Car s’ils haïssent les Noirs, descendants d’esclaves, ils méprisent et abhorrent tous les non-Blancs.

Nous vivons quotidiennement des jours sombres car les événements déclenchés à Minneapolis nous atteignent directement. Le continent nord-américain en entier tremble à cause d’un meurtre à froid d’un Noir martyrisé en public par un policier blanc, agenouillé sur la gorge de sa victime incapable de respirer.

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En ces jours perturbants, le pays aurait besoin d’un dirigeant apaisant et hautement moral. 

C’est pourquoi le président Donald Trump représente une catastrophe supplémentaire qui s’ajoute à cette tragédie, qui survient en pleine pandémie.

Justice

Aux États désormais désunis, les antiracistes descendent actuellement dans la rue pour faire entendre une autre voix et pour réclamer la justice. 

Ces Américains, qui ont honte, sauvent l’honneur de leur pays. Mais qui peut trouver les mots pour réduire les maux de leur société résolument en déclin ?

L’opposition démocrate souffre de son image hautaine et élitiste. Mais le parti est en avance dans les sondages et tous les démocrates du monde souhaitent une défaite de Trump. Mais rien n’est encore gagné.

Les États-Unis ont traversé bien des épreuves, dont une guerre civile. L’esclavagisme demeure inscrit jusqu’à ce jour dans la culture profonde. 

La discrimination contre les Noirs est bien réelle et l’élection de Barack Obama ne pouvait pas en elle-même mettre un terme à la pollution des esprits qu’est le racisme à l’endroit des Noirs.

Dans quel autre pays démocratique peut-on passer d’un Obama à un Trump sans transition ? 

Le pays se retrouve déchiré. Les Américains ont le culte des armes. 

Ces jours de manifestations qui conduisent à des émeutes où des Noirs et des Blancs s’adonnent à des pillages en l’absence des forces de l’ordre peuvent-ils dégénérer davantage ? Qui peut raison-nablement croire à un sursaut salvateur ? Et qui est capable d’incarner ce sursaut d’ici l’élection de novembre ?