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Les primes d’assurance: un frein au plan de reprise des tournages

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Le gouvernement Legault a beau avoir dévoilé un généreux plan de relance en culture, un obstacle majeur empêchera plusieurs séries et films d’être tournés dès lundi : l’absence de mesures par rapport aux assurances.

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En effet, les compagnies d’assurance refusent dorénavant de couvrir les productions pour les risques liés à la COVID-19. Dans une lettre adressée au premier ministre du Québec, le Regroupement des producteurs indépendants de cinéma du Québec demande au gouvernement caquiste d’agir « en toute urgence » pour mettre sur pied un fonds d’indemnisation qui servirait uniquement aux producteurs contraints de stopper leur tournage en raison d’une situation de COVID-19.

Sans l’existence d’un tel fonds, les seules productions qui pourront se tourner dans les prochains mois seront celles qui avaient déjà contracté, sans exclusions, leur assurance avant l’arrêt des activités au début mars.

Joint au téléphone, le producteur Pierre Even (Bon cop bad cop 2), cosignataire du document avec, entre autres, Denise Robert, Luc Déry et Christian Larouche, parle d’une possible catastrophe financière. « On a fait des analyses à partir du budget moyen d’un film, soit 4,1 millions $. Si l’un des acteurs attrape la COVID, on doit suspendre le tournage pendant quatorze jours. Et parce que chaque jour coûte environ 100 000 $, c’est potentiellement 1,4 million $ de dépassement de coûts. Personne n’a les reins assez solides pour payer ça. »

Un fonds canadien

Cette sortie survient au moment où l’on apprend que l’Association canadienne des producteurs médiatiques (CMPA) a déposé la première version d’un projet de fonds de 100 millions $, qui serait garanti par l’État, pour couvrir les déclarations d’assurance qui découleraient de problèmes de COVID-19. « On demande au gouvernement fédéral de nous aider », résume la présidente-directrice­­­ générale de l’Association québécoise des productions médiatiques, Hélène Messier, qui participe au projet.

Pierre Even émet toutefois des réserves sur cette initiative, notamment pour une question de juridiction provinciale. « On préférerait arriver avec une solution entièrement québécoise. Ce serait plus rapide. »