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«Y’a du monde à messe» : chaleur et humanité, malgré la distance

«Y’a du monde à messe» : chaleur et humanité, malgré la distance
PHOTO COURTOISIE / Philippe-Olivier Contant / Courtoisie Télé-Québec

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Christian Bégin était parti se réfugier à sa maison du Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent, au début du confinement, et est revenu à Montréal la semaine dernière pour entreprendre les tournages de la quatrième saison de «Y’a du monde à messe», que Télé-Québec présentera à compter de vendredi.

Le choc fut grand pour l’animateur lorsqu’il a jaugé comment le Théâtre Paradoxe – ancienne église de Ville-Émard où ont lieu les enregistrements de «Y’a du monde à messe» – avait été aménagé pour s’inscrire dans la nouvelle réalité de la télévision, à l’ère de la pandémie de COVID-19.

«J’ai pogné de quoi», avoue Christian Bégin en entrevue, en relatant ses premières journées de tournage, vendredi et dimanche derniers.

«C’est très "orwellien" comme réalité. Mais, à part le fait qu’il n’y a pas de public et qu’on ne peut pas se prendre dans nos bras à la fin de l’émission, les gens ne verront vraiment pas la différence. Parce que le cœur de "Y’a du monde à messe", c’est la conversation, la rencontre. Malgré toutes les contraintes auxquelles on est soumis, la discussion a levé, le "jello" a pogné», avance l’hôte, qui craignait au départ que le fait d’être assis loin des personnalités et de ne pas pouvoir les toucher les inciterait moins à la confidence.

Il a heureusement pu vérifier que ce n’est pas le cas. Et, promet-il, on ne jasera pas que du seul et unique sujet de la pandémie cet été à «Y’a du monde à messe».

«Sans occulter la réalité de la COVID, on a décidé de ne pas en faire le cœur de nos conversations. Évidemment, par la bande, ça revient, parce qu’on est encore percutés par cette réalité, mais je pense que les gens ont soif de parler d’autre chose, de retrouver notre humanité commune à l’extérieur de cette réalité.»

Mesures sanitaires

Le public fidèle de «Y’a du monde à messe» retrouvera le concept qu’il connaît : une table ronde d’invités (maintenant au nombre de quatre au lieu de cinq, en plus d’un(e) chanteur(euse) présent(e) pour une prestation musicale) qui sont unis par un lien qu’on doit deviner au fil des entrevues.

Marina Orsini, Luc Ferrandez, Olivier Bernard alias Le Pharmachien, la conteuse horticultrice Marthe Laverdière et Émile Bilodeau seront de la partie pour la première ce vendredi.

La production tente de respecter un ratio de deux visages connus et deux talents à découvrir chaque semaine. Le chœur prendra aussi plus de place cette année, avec un air chanté à la fin du premier bloc, qui s’ajoute au numéro de la fin.

Outre l’absence de public dans le décor, tout un bataclan de mesures a évidemment été mis en place sur le plateau de «Y’a du monde à messe» pour respecter la distanciation sociale et les obligations sanitaires : entrée à tour de rôle des membres de l’équipe et des invités sur les lieux ; lavage de mains une première fois avant de pénétrer dans le théâtre, puis une deuxième fois à l’intérieur ; questionnaire obligatoire lié à la COVID pour chacun ; indications au sol pour guider les déplacements et éviter les face-à-face entre les individus ; port du masque (à l’effigie de «Y’a du monde à messe») pour tous ; aucun accès au secteur de la loge de Christian Bégin ; aucun maquilleur ou coiffeur pour enjoliver les minois, ni technicien pour installer les micros.

Et, bien sûr, distance de deux mètres entre l’animateur et les convives. Les membres de la chorale obéissent aussi aux règles d’espacement et sont davantage dispersés sur leur podium.

«Mais ça marche au fond, assure Christian Bégin. Ce sont tellement des voix fortes. Ils sont tellement "together" qu’on ne sent pas le trou entre les individus. Quand les invités se font chanter leurs noms, ça leur rentre dedans tout autant. C’est fort, 10 voix humaines. La prestation "live", ça reste très, très puissant.»

«Y’a du monde à messe», le vendredi, à 21 h (en rediffusion le dimanche à 20 h) à Télé-Québec, dès le 5 juin. Christian Bégin devrait aussi recommencer les tournages de «Curieux Bégin» pour une 13e année à la fin de l’été, et attend de savoir ce qu’il adviendra du tournage de la nouvelle série «Les mecs», où il incarne l’un des principaux personnages.