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Absence décriée d'un plan d'action, un an après la fin de l'Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées

Absence décriée d'un plan d'action, un an après la fin de l'Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées
Photo d’archives

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OTTAWA – L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) dénonce le fait que le gouvernement Trudeau repousse la présentation de son plan d’action pour répondre au rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, déposé il y a un an jour pour jour. 

«Dire que la pandémie fait obstacle au plan d’action national est doublement insultant pour les femmes autochtones qui vivent dans une crainte encore plus grande de la violence à cause de l’isolement dû à la maladie», a déploré mercredi la présidente de l’AFAC, Lorraine Whitman.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a indiqué en entrevue au réseau CBC, la semaine dernière, que le plan d’action ne pouvait pas être déposé en vue du premier anniversaire de la fin de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA). Elle a fait valoir que davantage de consultations devaient encore être menées et que la pandémie avait encouru des retards malgré des réunions tenues virtuellement.

«Ils ont eu neuf mois avant que la pandémie frappe pour nous tendre la main, à nous et à d’autres groupes autochtones. Mais je peux vous dire que l’AFAC n’a pas entendu grand-chose venant d’eux pendant ce temps», a rétorqué Mme Withman.

Le lancement d’un plan d’action national est l’une des recommandations clés figurant parmi les 231 «appels à la justice» du rapport de l’ENFFADA. Les critiques qu’essuie le gouvernement Trudeau surviennent par ailleurs dans un contexte où il martèle que plus doit être fait pour contrer le racisme et la discrimination systémique, dans la foulée de la mort de l'Afro-américain George Floyd, tué par un policier blanc à Minneapolis.

«Nous devons faire face au racisme ainsi que [...] défaire notre héritage colonial», a répondu la ministre Bennett, lorsqu’interpellée aux Communes par l’ex-ministre libérale et ex-leader autochtone Jody Wilson-Raybould, aujourd'hui députée indépendante.

«Nous avons entrepris des actions concrètes pour mettre fin à cette tragédie nationale et nous travaillons avec nos partenaires provinciaux, territoriaux et autochtones pour mettre en place un plan d’action national qui va permettre aux femmes autochtones et membres [de la communauté LGBTQ2] de marcher en toute sécurité partout au pays», a-t-elle ajouté.

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Plusieurs partis de l’opposition n’ont pas manqué de fustiger les libéraux de Justin Trudeau.

«Ça fait un an et le gouvernement n’a pas agi, c’est inacceptable. Il doit montrer quel est le plan de match et le plan de réponse aux demandes», a martelé le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet pour sa part accusé M. Trudeau de laisser le rapport traîner sur une tablette et de «se draper dans des kilomètres de vertu» sans poser d'actions.