/misc
Navigation

Comprendre la colère

Coup d'oeil sur cet article

Les États-Unis implosent. Vu du Québec, comment réagir face à ces récentes manifestations ?

Il faut d’abord essayer de comprendre la colère des Afro-Américains.

De l’esclavage à la ségrégation jusqu’à la brutalité policière, les États-Unis sont le produit de 400 ans de discriminations et d’inégalités raciales.

Elles prennent aujourd’hui différentes formes : violences policières, attaques de milices citoyennes, taux de chômage plus élevé et pauvreté accrue, plus de chance de se retrouver en prison...

Réagir au bruit

Devant cette ébullition, il ne faut pas réduire les revendications d’une majorité pacifique aux saccages d’une minorité mal intentionnée.

Je parle de ceux qui ont incendié des bâtiments aux États-Unis et de ceux qui ont volé des guitares à Montréal dimanche dernier.

Le bruit des fenêtres brisées ne doit pas nous rendre sourds face aux revendications légitimes des communautés noires aux États-Unis et au Québec.

Parce que justement, les fenêtres brisées ne sont que ça : du bruit. Les revendications, elles, sont plus profondes, plus révélatrices du réel malaise.

S’arrêter à cela, c’est se voiler les yeux, c’est ne pas séparer les choses du bruit qu’elles font.

Au Québec

Certes, la situation au Québec n’est pas aussi exacerbée. Ne transposons pas la situation américaine à la nôtre.

Mais rien ne doit justifier ou excuser notre inaction sous prétexte qu’ailleurs, c’est moins pire. 

Il faut lutter contre le racisme là où il se trouve, notamment dans le profilage racial et le racisme systémique.

À Montréal, une personne noire ou autochtone a quatre à cinq fois plus de chance de se faire interpeller par la police qu’une personne blanche.

Il y a donc lieu de se pencher sur nos propres zones d’ombre, même si l’exercice peut être inconfortable.

N’en doutons pas : une société qui lutte ardemment à réduire les tensions raciales n’est pas simplement une meilleure société pour les minorités.

C’est une meilleure société pour tous.