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Cri du coeur de l'industrie touristique

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BAIE-SAINT-PAUL – Alors que le déconfinement se poursuit graduellement dans plusieurs secteurs, l’industrie touristique québécoise lance un véritable cri du cœur. Dans la municipalité de Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix, les rues n’ont jamais été aussi désertes en ce début juin.

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Habituellement, les touristes sont déjà au rendez-vous. Annuellement, la MRC de Charlevoix reçoit un million de visiteurs, mais cette année, rien n’est certain.

Aucune date pour la réouverture de l’industrie touristique n’a encore été présentée. C’est d’ailleurs l’une des demandes de l’industrie québécoise du tourisme au gouvernement.

«Nous avons besoin d’avoir le portrait global de la situation, a affirmé en entrevue le directeur général de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion. C’est difficile de faire lever une industrie quand par exemple, la restauration est encore fermée, que les gîtes sont fermés et que plusieurs attraits sont encore fermés. Nous avons une industrie incomplète, et cela, ça ne rassure pas les visiteurs.»

Pour plusieurs commerçants de Baie-Saint-Paul, il est minuit moins une. C’est le cas du restaurant et microbrasserie, Le Saint-Pub.

«Nous sommes le 3 juin aujourd’hui et l’annonce n’a toujours pas été faite, a souligné Éric St-Hilaire, le directeur du restaurant le Saint-Pub. Donc, le temps qu’on se prépare, le temps qu’on rouvre, alors on va pratiquement être rendu au mois de juillet!»

Selon ce dernier, «juillet et août sont les deux mois au cœur de notre saison, alors si nous n’avons pas les dates dans les prochains jours, pour bien pouvoir se préparer, eh bien, nous allons manquer le bateau».

Une aide financière est aussi réclamée par l’industrie touristique pour aider les entreprises à faire face à la crise.

«La période estivale est très courte, donc les entrepreneurs doivent faire leurs revenus de l’année dans une très courte période s’ils veulent être capables de payer leurs frais fixes pour être en mesure de revenir l’année prochaine. C’est pourquoi il est important d’avoir un soutien du gouvernement pour les frais fixes», a ajouté Mitchell Dion de Tourisme Charlevoix.

Une reprise dans les hôtels?

Les hôtels sont aussi durement touchés. Par contre, à l’hôtel Le Germain, à Baie-Saint-Paul, il y a une lueur d’espoir. Selon Christiane Germain, coprésidente et chef de la direction du Groupe Germain, les activités semblent reprendre depuis les derniers jours.

«Notre hôtel de Baie-Saint-Paul est probablement celui qui démontre le plus d’activités, celui qui reçoit le plus d’appels et le plus de demandes d’informations, a-t-elle soutenu. Alors on sent que les gens commencent à penser à faire de petits séjours.»

Malgré tout, la préfète de la MRC de Charlevoix, Claudette Simard, affirme que les élus n’hésiteront pas à se faire entendre si des actions concrètes ne sont pas annoncées par le gouvernement au cours des prochains jours.

«Nous n’avons pas le choix, nous sommes rendus là! C’est une question de survie pour des commerces et des entrepreneurs qui sont en affaires depuis longtemps», a fait savoir Mme Simard.

Dans Charlevoix, près de 30 % des emplois sont reliés à l’industrie touristique.