/news/coronavirus
Navigation

Frontière canado-américaine: une famille séparée par la COVID-19

Elle veut revoir le père de sa fille qui est américain

Maxime Hokayem
Photo courtoisie Maxime Hokayem ne peut revoir son conjoint, l’ex-joueur des Capitales Deryk Hooker, car il est américain et ne peut traverser la frontière. Le couple est parent de la petite Felixe Amelia, 3 ans.

Coup d'oeil sur cet article

Victime collatérale de la pandémie, une mère de famille de Québec ne peut voir son conjoint et père de sa fillette de trois ans, car il est américain et ne peut traverser la frontière. Elle demande au gouvernement d’accélérer la réunification des familles séparées par la COVID-19. 

• À lire aussi: Tous Les développements de la pandémie

Maxime Hokayem a rencontré Deryk Hooker à l’été 2016, alors qu’il jouait pour les Capitales de Québec. De cette union est née la petite Felixe Amelia, à l’été 2017.

La famille avait prévu faire des démarches d’immigration pour que M. Hooker vienne vivre au Canada, mais la perspective d’un emploi de pêche commerciale en haute mer a changé les plans.

«Entre ses saisons de pêche qui durent environ quatre mois, il pouvait venir me voir au Québec pour son congé qui durait à peu près deux mois. Ça nous convenait», explique-t-elle.

M. Hooker est parti en novembre dernier, pour pêcher près de la Nouvelle-Zélande. Il devait retrouver sa conjointe et sa fille au début du mois d’avril.

Or, un des trois membres de l’équipage a tenté d’assassiner le capitaine du bateau en début de voyage, ce qui a retardé le début de leur mandat de pêche, et leur retour, par conséquent.

C’est finalement lundi que M. Hooker est arrivé aux États-Unis, et sa conjointe voudrait qu’il puisse venir rejoindre sa famille au Québec.

Moins d’un mois pour se voir

«J’ai appelé l’Agence des services frontaliers du Canada pour savoir si mon conjoint pouvait venir en avion nous voir et ils ont dit non, comme il n’était pas canadien ni résident. C’est considéré comme du tourisme», se désole-t-elle.

La petite famille ne dispose que d’un mois pour se revoir avant que le père ne reparte en haute mer pour quatre mois.

«Si les frontières rouvrent d’ici le prochain voyage, il va venir, mais rien ne nous permet de croire qu’elles rouvriront au tourisme sous peu», poursuit-elle.

Manque de soutien

Mme Hokayem comprend qu’il faut limiter les risques, mais déplore le manque de soutien. 

«Il n’y a pas de ressource pour les familles séparées à cause de la COVID-19», fait-elle valoir.

Vendredi dernier, Ottawa a indiqué être ouvert à la réunification des familles séparées par la frontière canado-américaine. Le gouvernement Trudeau est en discussion avec les provinces et territoires, afin d’assouplir certaines règles et permettre aux parents et aux enfants de se retrouver.

Mme Hokayem souhaite accélérer ses démarches, notamment auprès du consulat canadien, pour tenter de voir son conjoint avant son prochain voyage.