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La Caisse d’éthique et de morale

GEN-PRÉSENTATION DES RÉSULTATS DE LA CAISSE DE DÉPÔT
Photo d'archives Êtes-vous prêt à sacrifier une partie de votre rente à des politiciens qui utilisent la Caisse de dépôt pour refaire leur image ?

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Québec solidaire est déçu du nouveau patron de la Caisse de dépôt. Une fois de plus, la Caisse fait l’objet de critiques pour la supposée « éthique » de ses choix d’investissements, un nouveau jeu des partis politiques. C’est une dérive que tout le monde semble trouver sympathique.

La Caisse de dépôt dans sa loi constitutive doit viser deux buts. Obtenir des rendements pour les déposants (nous), tout en investissant dans l’économie du Québec. Or voilà que de beaux esprits veulent ajouter toute une panoplie de nouveaux mandats moraux à la Caisse.

La Caisse ne devrait pas investir dans le secteur des énergies fossiles. C’est le Mal en matière d’environnement. La Caisse ne devrait pas toucher à des entreprises qui ont des activités dans les paradis fiscaux. Et quoi encore ?

Chacun sa mode

Ce terrain est glissant. Chaque parti a ses priorités et ses sujets chouchous. Dans quoi la Caisse peut-elle investir si on pousse plus loin cette tendance ? Les grands de l’alimentation ? Ils vendent des chips et de la liqueur. Mauvais pour la santé. Et la vente de viande ne constitue-t-elle pas un affront aux végétariens ?

Investir dans le succès québécois Couche-Tard ? Ils font pas mal d’argent avec la bière, la loterie et les cigarettes. Investir dans les compagnies de transport ? Si l’on rejette le secteur des hydrocarbures, va-t-on mettre de l’argent dans les compagnies qui brûlent ce carburant ?

Les mines, la foresterie, voilà d’autres secteurs qui ne font pas l’unanimité dans les milieux environnementaux. Un parti qui veut montrer qu’il est vraiment vert sera tenté de demander à la Caisse de s’en abstenir.

Les banques ???

Le secteur financier, les banques. Ces dernières chargent des frais exorbitants à leurs usagers, des taux très élevés sur les cartes de crédit. Notre Caisse devrait-elle s’associer à cela ? De surcroît, les dirigeants du secteur financier reçoivent des salaires qui scandalisent beaucoup de monde. 

Investir dans le secteur technologique ? Pas tant qu’on n’aura pas corrigé les failles en matière de protection de nos renseignements personnels. Il faudrait aussi enquêter davantage sur la question de l’obsolescence programmée : ces entreprises créent-elles des produits peu durables pour nous en revendre d’autres trois ans plus tard ?

Les pharmaceutiques ? Des multinationales fortes en lobbyisme accusées de faire de l’argent sur le dos des gens malades.

En matière d’investissement international, il faudrait peut-être examiner plus que les paradis fiscaux. La Caisse fait-elle affaire avec des entreprises qui n’ont pas de pratiques exemplaires en matière de conditions de travail ? Avec des entreprises qui ne font pas assez de place aux femmes dans leur haute administration ?

Tiens, en essayant de plaire à toutes les sensibilités morales, la Caisse devrait se retirer de tous les secteurs. Laisser l’argent dans un matelas. Zéro rendement, et nos retraites ratatinées. 

Il faudra être plus rigoureux pour arrêter que la Caisse soit manipulée par les partis politiques qui veulent se donner une belle image.