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Les élèves de maternelle notés sur leurs habiletés sociales

Pétition maternelle
Photo Courtoisie Geneviève Comeau

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Les élèves de maternelle devront être notés sur leurs habiletés sociales alors qu’ils n’ont à peu près plus d’interactions entre eux à cause des mesures sanitaires en place, dénoncent des professeurs dans une pétition. 

«Tout le monde est d’accord pour dire que c’est un gros non-sens. C’est unanime», dit l’enseignante et instigatrice de la pétition Geneviève Comeau.

Publiée dans la nuit de dimanche à lundi, la pétition avait recueilli près de 1649 signatures mercredi en fin d’après-midi. 

Note lettrée

Dans une lettre signée par le sous-ministre de l’Éducation et datée de vendredi, on apprend que le dernier bulletin de l’année sera différent des autres pour les élèves du primaire et du secondaire. Les jeunes recevront une mention «réussie», «non réussie» ou «non évaluée» pour chacune des matières. 

Or, ce changement ne s’appliquera pas au préscolaire, peut-on lire dans la lettre. Les petits de 4 et 5 ans devront donc être notés comme d'habitude, avec des lettres allant de «A» (répond au-delà des attentes) à «D» (répond difficilement aux attentes).

«C’est vraiment pas évident», s’exclame Mme Comeau, qui enseigne à Val-David. 

La majeure partie de l’évaluation des élèves de maternelle relève de l’observation, explique-t-elle. Les profs observent quels jeux les petits choisissent, comment ils interagissent avec les autres.

«On n’a rien vu de ça [...] À 2 mètres de distance, c’est pas le même niveau d’observation», dit Mme Comeau. Sans compter que bon nombre d’élèves sont toujours à la maison et devront être notés selon les mêmes critères, ajoute-t-elle. 

«Impossible»

«Je ne les ai pas observés depuis le 12 mars en contexte de groupe!», s’indigne Annie Lafond, sous la pétition. 

«Impossible et complètement ridicule tant qu’à moi», réagit Annie Poirier.

En fait, évaluer les petits de maternelle dans ce contexte est encore plus complexe au préscolaire que pour les plus vieux, qui peuvent remettre des travaux écrits, remarque Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE). 

La FSE avait pourtant recommandé au ministère que les tout-petits soient notés par une cote d’échec ou de réussite, comme les autres. Heureusement, il n’est pas trop tard pour changer la directive, croit Mme Scalabrini. 

De son côté, Mme Comeau se dit consciente des situations plus urgentes engendrées par la crise. «Mais tant qu’à faire les choses [...], aussi bien les faire correctement», souhaite-t-elle. 

Au moment de publier, le ministère de l’Éducation n’avait pas répondu à nos questions.