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Les masques tombent

Legault Lebel Arruda
Photo Simon Clark Le Dr Arruda semble déterminé à ne pas servir de paratonnerre.

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Jamais je n’oserais suggérer ou affirmer que François Legault et Horacio Arruda ne sont pas tout d’abord animés par le bien-être des Québécois. Qu’il s’agit là de leur motivation première.

Les gestes posés et les orientations préconisées, parfois habilement, d’autres fois moins, partent assurément de bonnes intentions. 

  • Écoutez l'analyse de Jonathan Trudeau à QUB Radio:

Contrairement à ce que certains esprits louches peuvent affirmer, il n’y a pas de dessein machiavélique, de conspiration mondiale et globale. Mais...

Je sais, je sais. L’on dit souvent que le «mais» vient tout effacer ce qui précède, comme dans «je ne suis pas raciste, mais...»

Sauf que dans ce cas-ci, j’insiste sur l’importance de mon préambule. 

Mais il ne faut jamais oublier que derrière chaque décideur, il y a un humain. Donc, il y a des émotions, des aspirations, des mécanismes de défense.

Et plus cette pandémie se stabilise, nous menant graduellement aux portes d’une pseudo-normalité nouveau genre, plus les réflexes humains se pointent le bout du nez.

L’utile docilité

D’aucuns auront remarqué que régulièrement, dans le discours de monsieur Legault et de ses ouailles, on surligne à triples traits le fait qu’ils sont soumis aux dictats de la santé publique.

On va même jusqu’à personnaliser le phénomène. «Si le Dr Arruda le veut» est devenu le nouveau «Si Dieu le veut».

En clair, le bon docteur sert de paratonnerre. Si on prend des décisions impopulaires, c’est parce que le doc les a imposées. Si on hésite à rouvrir certains secteurs, là encore, faut voir avec le doc!

Il est quand même utile de plaider la pleine et entière docilité quand vous savez qu’ultimement, vous aurez à faire face à l’électorat et tenter de vous faire réélire. 

Arrudamanie

Il faudrait être sot ou très naïf pour ne pas imaginer que le Dr Arruda voit clair dans ce mécanisme de protection politique.

Et ce dernier n’est assurément pas insensible à sa cote de popularité. La Arrudamanie, ç’a de quoi flatter un ego dans le bon sens du poil.

C’est ainsi que le responsable de la santé publique a subtilement remis les pendules à l’heure au début de la semaine.

Dans un entretien avec la journaliste Isabelle Hachey de La Presse, le Dr Arruda a rappelé, à juste titre, que c’est le politique qui, en bout de piste, prend les décisions. Il pose, et eux disposent.

Candidement, il a souligné que le PM avait initialement confiné davantage que lui-même ne l’aurait pensé. Et que lui et son équipe ne se seraient pas opposés à la réouverture des écoles montréalaises, mais que la décision avait été politique.

En clair, il n’est pas question qu’il se fasse passer en dessous du bus.

Cette dynamique illustre que ce sont des humains qui nous gouvernent, et non pas des robots. Et que bien que la crise ne soit pas encore chose du passé, ses acteurs seront aujourd’hui et demain déterminés à raconter leur version de l’histoire.