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Patrimoine bâti: un rapport sévère envers le ministère de la Culture

La vérificatrice générale Guylaine Leclerc
Photo Simon Clark La vérificatrice générale Guylaine Leclerc

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Absence de leadership et de vision, manque de cohérence: les plus récents constats de la Vérificatrice générale du Québec en ce qui a trait à la sauvegarde du patrimoine bâti dans la province sont accablants pour le ministère de la Culture.

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«Le ministère de la Culture et des Communications n'assume pas adéquatement ses responsabilités en matière de patrimoine immobilier et n'exerce pas le leadership attendu», peut-on lire dans le plus récent rapport de la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc.

Au terme de son audit, Mme Leclerc a constaté qu’il n’y a tout simplement «pas de stratégie d’intervention en matière de patrimoine immobilier».

En résultent alors des immeubles laissés vacants depuis trop d’années, des travaux qui sont réalisés sans autorisation sur des immeubles ou des sites patrimoniaux, ou encore la détérioration pure et simple de ces derniers.

Un plan d’action d’ici quatre mois

Par voie de communiqué, la ministre de la Culture, Nathalie Roy, a dit prendre acte de ce «rapport accablant», tout en pointant du doigt «l'inertie de ses prédécesseurs à cet égard».

«Dans son rapport, le Vérificateur général souligne à grands traits la déficience des pratiques de gestion du patrimoine bâti entre novembre 2012 et mars 2020. C'est le gouvernement libéral qui a établi ce cadre de gestion», a déclaré Mme Roy, qui s’engage à présenter d’ici quatre mois un plan d’action quinquennal.

Dorion n’est pas surprise

«Notre patrimoine gît dans un angle mort total», a réagi de son côté la députée solidaire Catherine Dorion, qui est tout sauf surprise de ce qu’elle qualifie «d’horreur» en ce qui a trait au patrimoine bâti.

«Notre gouvernement actuel n’assure même pas le strict minimum pour préserver nos joyaux patrimoniaux. Ce n'est pas normal qu'il soit aussi avantageux pour les municipalités d'opter pour le bulldozer et la construction neuve plutôt que pour le soin de notre histoire et de la beauté du Québec», a dénoncé Catherine Dorion. Chaque année, 3000 bâtiments patrimoniaux sont détruits au Québec, a-t-elle rappelé.

«À peu près 40% des demandes de classification pour les bâtiments ne sont pas répondues avant cinq à 10 ans de délai. C'est une preuve réelle que nous n'avons pas de vision pour ce qui est de notre patrimoine architectural au Québec», a déploré à son tour la députée péquiste Méganne Perry Mélançon.

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