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Cocktail explosif

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Rien ne va plus aux États-Unis depuis la mort de George Floyd. Mais ce dont nous sommes témoins dépasse le registre des manifestations, aussi passionnées soient-elles. Nous assistons à une insurrection!

La violence policière doit certes être punie et endiguée. Mais est-elle réellement l’unique raison de pareilles émeutes? Peut-être. 

Mais peut-être qu’il y a plus. Une crise en cache souvent une autre.

Détonateur

Récapitulons les événements des derniers mois.

En raison de la crise sanitaire, les autorités ont brusquement immobilisé l’activité économique. 

En quelques semaines, une armée de chômeurs est apparue et des centaines de milliers d’entrepreneurs ont vu leurs efforts anéantis. Aujourd’hui, des millions de personnes comptent sur les banques alimentaires et vivent l’angoisse de lendemains incertains, voire carrément funestes. 

À cela s’ajoutent la peur d’attraper le virus, laquelle vire trop souvent à l’anthropophobie, et les effets du confinement sur la santé mentale et autres dommages collatéraux.

Pour comble, même les activités sportives sont interdites, brimant ainsi toute possibilité d’évacuer les frustrations et de se détendre.

En somme, la population est angoissée, sans travail, sans avenir, sans contacts sociaux, et sans défouloir. Le cocktail était explosif. La mort de Floyd a été le détonateur.  

Espoir

C’est très facile de juger sévèrement la crise sociale américaine, et de porter un regard moralisateur et condescendant. Mais c’est une grossière erreur! 

Il faut être conscient que, COVID-19 oblige, nous avons créé les mêmes conditions intenables qu’aux États-Unis, la même souffrance collective.

Pour éviter que le Québec ne devienne également le théâtre d’un dérapage social coûteux et meurtrier, il faut que l’économie redémarre rapidement, que la population retrouve l’espoir, et que la vie reprenne ses droits.  

Aucun pays ne devrait regarder la situation aux États-Unis comme une anomalie à analyser avec détachement, mais plutôt comme une mise en garde. Car là-bas, comme partout ailleurs, l’oisiveté est mère de tous les vices!