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Le début de la fin de Trump

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Photos AFP Nous sommes tous à la merci de Trump.

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Il fallait s’y attendre. Le policier blanc et ses trois complices qui ont participé à l’insoutenable exécution en public de l’Américain noir George Floyd ont déclenché une secousse sismique qui pourra finalement débarrasser la Maison-Blanche de son indigne et inqualifiable occupant.

Le peuple qui descend chaque jour dans la rue de l’est à l’ouest du pays incarne l’autre Amérique, celle de la grandeur, de la dignité et de la démocratie ouverte et tolérante.

Une Amérique blanche qui a fait son mea culpa quant à son passé esclavagiste. Une Amérique qui au nom de l’égalité de tous ses citoyens a rompu avec ses démons racistes.

Les États-Unis sous l’impulsion de Donald Trump, porté aux nues par son électorat de petits Blancs pauvres, déclassés, intolérants, voire suprémacistes, ont vécu ces dernières années un recul de leur Histoire.

Amoralité

Donald Trump a aussi reçu l’appui inconditionnel des Américains richissimes à qui il a permis par ses politiques antisociales de s’enrichir encore davantage d’une façon indécente. Ces derniers le méprisent tout en l’utilisant. L’amoralité de Donald Trump, sa vulgarité, son obscénité et sa haine viscérale de ses adversaires les laissent indifférents. Bref, Trump est leur joker.

Quant aux églises évangéliques, elles ont trouvé en Donald Trump le porte-voix de tous leurs combats d’arrière-garde, nourris de leurs préjugés raciaux, religieux, sexuels et sociaux.

Jamais dans l’histoire américaine moderne un président n’a trahi ainsi son pays dans une tentative de lui faire perdre son âme. Une âme qui a contribué à en faire la plus grande puissance démocratique au monde. Malgré ses failles et ses dérives, précisons-le.

L’ultime condamnation contre Donald Trump est une tribune publiée dans le magazine The Atlantic. L’ancien secrétaire à la Défense, le général James Mattis, resté silencieux depuis sa démission il y a 18 mois, a écrit que selon lui Trump était le premier président à essayer de diviser le peuple américain plutôt que de l’unir. « Nous devons rejeter et tenir responsables ceux qui, au pouvoir, voudraient se moquer de notre constitution », a-t-il affirmé. « Nous assistons aux conséquences de trois ans sans un gouvernement responsable. [...] Je n’aurais jamais imaginé que des soldats ayant prêté le même serment aient un jour à recevoir l’ordre de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens. »

D’autres militaires de haut rang brisent le silence. Des policiers à travers le pays s’agenouillent devant les manifestants pacifiques. Certains de leurs dirigeants interpellent directement le président. Du jamais-vu !

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Outrances

Dans toutes les démocraties, les autorités politiques s’alarment depuis des mois devant les outrances d’un président qui déconstruit les institutions de son pays sans opposition de la Cour suprême.

George Floyd, victime sacrificielle, ne sera peut-être pas mort en vain. Le racisme qui a présidé à ce crime est en train d’être mis à nu. D’ici l’élection présidentielle en novembre, Donald Trump devra-t-il se réfugier dans son bunker sous la Maison-Blanche ? Les Américains traumatisés et offensés devant cette désacralisation de la fonction présidentielle retrouvent une indignation commune, toutes classes et origines confondues.

Si Trump survit politiquement à cette dernière offensive de sa part, la plus grande puissance démocratique au monde cédera le pas à la Chine dictatoriale et à son président élu à vie. L’Apocalypse, en d’autres termes.