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Les vaccins dans l’Histoire

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Justin Trudeau a participé hier à une conférence internationale sur la recherche d’un vaccin. Les anti-vaccins se sont immédiatement agités, exprimant craintes et menaces.

Pourtant, les effets déplorables de la COVID-19 dans nos vies ne pourront se terminer vraiment qu’avec la découverte d’un vaccin. Malgré tout, dès qu’on prononce ce mot, on entend murmurer. Depuis quelques années, un curieux mouvement anti-vaccin a pris forme. Le mouvement repose sur des croyances religieuses et croyances dites « alternatives ».

Pendant un temps, personne ne s’en inquiétait trop, la proportion étant minime. Lorsque 95 % ou plus d’une population est vaccinée, les maladies contagieuses cessent de se promener et les non-vaccinés sont protégés par les autres.

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Cependant, nous avons assisté depuis quelques années à un phénomène inquiétant. Des éclosions de maladies qu’on croyait disparues sont apparues ici et là. Par exemple, l’État de New York a vécu l’an dernier une résurgence de la rougeole. Le gouvernement local a dû carrément exclure des écoles les enfants non immunisés. Une décision difficile.

Ignorance 

Une chose ressort de cette tendance : la vaccination est victime de son succès. Si certains parents se permettent le luxe de jongler avec l’idée de ne pas vacciner leur enfant, c’est qu’ils n’ont plus peur. Si le risque que l’enfant décède ou devienne handicapé apparaissait comme très probable, on raisonnerait autrement.

En 1900, au Canada, un enfant sur quatre ne se rendait pas à un an. Une proportion importante des autres n’atteignait pas l’âge adulte. L’eau, la nutrition, la médecine ET les vaccins expliquent le progrès.

À cette époque, on avait peur des oreillons. Aujourd’hui, on en compte moins de 100 cas par année au Canada. La plupart des gens de 40 ans et moins n’ont jamais croisé quelqu’un souffrant des oreillons. Même chose pour la rougeole et la rubéole.

Qui a peur ?

La poliomyélite constitue un exemple encore plus intéressant. Les plus jeunes ignorent de quoi il s’agit. Pourtant il y a quelques décennies à peine, vous étiez susceptible de croiser des gens, assez nombreux d’ailleurs, qui ayant passé leur vie avec des paralysies permanentes et des membres difformes. Des vies gâchées par la polio.

Rentrez dans une salle d’ados au Québec aujourd’hui et demandez : « Qui a peur de la polio ? » Les jeunes vous regarderont comme un extra-terrestre. Comment avoir peur d’une maladie qu’on ne connaît pas et dont on n’a jamais croisé une victime ?

Nous en sommes au point où la plupart des gens ignorent même qu’ils sont vaccinés contre la polio et que c’est grâce à cela que cette épouvantable maladie ne sévit plus. On rencontre aujourd’hui des gens, ayant lu quelque chose sur internet, qui craignent le vaccin lui-même plutôt que la maladie.

Il est plus que temps d’inclure dans nos cours d’histoire un chapitre sur les maladies, les épidémies et les solutions qui ont amélioré la vie de l’humanité. Enseigner l’histoire pour faire comprendre ce qui a façonné notre monde.