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Il était une fois... le PQ

Il était une fois... le PQ
Photos d’archives : Simon Clark ; Agence QMI ; Ben Pelosse ; Chantal Poirier

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Je vous donne des nouvelles en direct de la planète Jupiter où je me trouve.

Hier, le PQ a repris sa course à la direction. Elle se terminera le 9 octobre.

Je vous avais dit que j’étais loin...

Mais comme je ne vais pas dans la direction que vous croyez, ne changez pas de chaîne tout de suite, s’il vous plaît.

Choix

Je sais, je sais, le PQ... misère de misère...

Premièrement, y a-t-il encore de l’intérêt hors de ses propres rangs pour une formation peut-être foutue ?

Deuxièmement, en ce moment, nous n’en avons que pour le virus, le déconfinement et la relance.

Troisièmement, si des élections avaient lieu demain, le PQ perdrait la poignée de sièges qui lui reste.

La CAQ ne laisserait sur la table que deux ou trois sièges montréalais à QS, et les circonscriptions multiethniques et anglophones où l’on vote PLQ comme on se gratte quand ça pique.

Rien n’est parfait, mais le triomphe caquiste serait largement mérité.

Sauf que, sauf que...

Ce n’est pas seulement que les élections n’auront lieu que dans deux ans.

En 2015, il fallait un télescope pour apercevoir Trudeau tellement il planait haut.

En 2019, il s’est traîné sur les rotules pour rester à la tête d’un gouvernement minoritaire.

C’est plus profond que cela.

Une démocratie saine a besoin d’alternatives, d’une offre politique relativement diversifiée.

Il faut que les électeurs, s’ils se lassent de la formation au pouvoir, aient des options de rechange crédibles.

Nous gagnons tous à avoir de vrais choix, y compris le gouvernement Legault, qui sera forcé d’être meilleur s’il est talonné par des partis capables de le remplacer.

Les électeurs ne sont pas gagnants si un parti se maintient au pouvoir simplement parce qu’il n’a pas de rivaux sérieux.

Évidemment, il faut aussi que les partis d’opposition s’aident eux-mêmes.

QS ne veut pas faire le repositionnement requis pour aspirer à gouverner. C’est son droit.

Le PLQ vient de nous offrir une superbe démonstration de l’art de rater une course à la direction.

Zéro visibilité ou presque. Zéro débat d’idées.

Le résultat fut le couronnement d’un poids léger et le vide absolu sur la question de fond : comment reprendre pied dans le Québec francophone ?

Signatures

Le PQ doit impérativement avoir une course à la direction qui donnera lieu à un peu d’animation et d’effervescence.

À défaut d’avoir sous la main un Parizeau, un Bouchard, une Marois, il s’agit pour le PQ de montrer que la truite sautille encore dans le fond de la chaloupe.

Des fois, rarement, avec un peu d’aide, elle retrouve l’eau.

Les six aspirants à la direction du PQ ont jusqu’au 26 juin pour récolter chacun les 2000 signatures qui leur permettraient d’être officiellement candidats.

Pas évident quand vous n’avez même pas de liste de membres.

Il serait infiniment regrettable que cette modalité technique aboutisse à un remake péquiste du fiasco Anglade-Cusson.

Au-delà du PQ, le fond de l’affaire demeure qu’en politique comme en économie, les monopoles finissent par faire de nous des captifs.