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«L’Énigme de la chambre 622» de Joël Dicker: sur la piste d’un crime jamais résolu

Joël Dicker
Photo courtoisie, Jérémy Spierer Joël Dicker

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Plus de deux mois après la date prévue pour le lancement – pandémie oblige –, le nouveau roman de Joël Dicker sort enfin en librairie. L’Énigme de la chambre 622, roman complètement addictif, se déroule dans les montagnes et les vallons de la Suisse, fait un clin d’œil au milieu bancaire, joue sur plusieurs plans et rend hommage à son éditeur, Bernard de Fallois, décédé en 2018 à Paris.

Joël Dicker a imaginé qu’un meurtre avait eu lieu un soir de décembre au palace de Verbier, un prestigieux hôtel des Alpes suisses, alors que se tenait l’élection d’un nouveau président de l’une des plus importantes banques privées de Suisse. Le crime n’a jamais été résolu.

Des années plus tard, pendant l’été 2018, un écrivain à succès décide de partir en vacances au palace de Verbier, après le décès de son éditeur et une rupture sentimentale. Alors qu’il pensait se reposer et recharger ses batteries, le jeune écrivain rencontre une jeune femme qui le met rapidement sur la piste du meurtre qui s’est passé des années auparavant et lui suggère de le résoudre.

Joël Dicker entraîne ses lecteurs au cœur de Genève, sa ville natale, et des magnifiques paysages des Alpes suisses dans ce roman diabolique, précis comme une montre suisse. Il nous montre une Suisse qui n’est pas aussi paisible qu’on se l’imagine, sur fond de coups bas, de trahisons, de jalousies, de jeux de pouvoir et de triangle amoureux.

Hommage à son éditeur

Joël Dicker rend un hommage touchant à son éditeur, Bernard de Fallois, au fil de ce cinquième roman, excellent, qui traduit l’immense talent de l’auteur et son intelligence de cœur. 

«J’avais envie de parler de lui parce que c’était un personnage fascinant, surprenant et tellement extraordinaire. Après son décès, je me suis dit : c’est vraiment le moment de parler de notre relation, surtout pendant que les souvenirs sont encore très présents et très vivants dans mon esprit.»

En commençant l’écriture de L’Énigme de la chambre 622, Joël Dicker avait envie, avant tout, de parler de Bernard de Fallois et de parler de sa ville, Genève. «Comment raconter Bernard ? Finalement, j’ai décidé de parler de ma relation avec lui plutôt que de sa vie, de 1926 à 2018. Je voulais quelque chose qui vienne du cœur, et pas quelque chose qui vienne d’une recherche biographique.»

Genève, sa ville

Et puis, vint la difficulté de raconter Genève. «Je vis à Genève. Je veux raconter, comme pour Bernard, une Genève de sentiments et pas une Genève de réalité. Pour ces deux éléments, j’avais cette envie et cette difficulté de le faire de façon très personnelle, et ça m’a pris un peu de temps. Le meilleur moyen de parler de ça, c’était de raconter une fiction, parce qu’une fiction, c’est la liberté.»

C’est la première fois qu’une de ses intrigues se déroule en Suisse. «J’ai l’impression de vivre un livre différent des autres, parce que c’est Genève, c’est ma ville.»

Deux temporalités

Le meurtre non résolu dans un palace, comme il le décrit, a été totalement inventé par l’auteur. «J’avais vraiment envie de marquer une différence de rythme et d’esprit dans les deux temporalités du livre.»

Il poursuit. «La temporalité de la fiction est un vrai polar, dans un palace, avec un côté Agatha Christie, et à côté de ça, toute une partie sur Bernard, qui est du récit. On sort un peu du roman, et la partie du récit, c’était vraiment des événements tels que je les ai vécus avec Bernard. Il y a le Joël de la fiction, et le Joël du récit.» 


♦ Joël Dicker est né à Genève en 1985 et il y vit toujours.

♦ Ses romans primés ont été traduits dans de nombreux pays.

♦ Il a reçu le Grand prix du roman de l’Académie française et le prix Goncourt des Lycéens pour La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, adapté en série télé par Jean-Jacques Annaud et tourné en partie sur la Côte-Nord.

♦ Il a publié Le Livre des Baltimore en 2015 et La disparition de Stephanie Mailer en 2018.

Extrait   

<b><i>L’Énigme de la chambre 622</i></b><br/>
Joël Dicker<br/>
Éditions de Fallois<br/>576 pages
Photo courtoisie
L’Énigme de la chambre 622
Joël Dicker
Éditions de Fallois
576 pages

«Il était 6 heures 30 du matin. Le palace de Verbier était plongé dans l’obscurité. Dehors, il faisait encore nuit noire et il neigeait abondamment.

Au sixième étage, les portes de l’ascenseur de service s’ouvrirent. Un employé de l’hôtel apparut avec un plateau de petit-déjeuner et se dirigea vers la chambre 622.

En y arrivant, il se rendit compte que la porte était entrouverte. De la lumière filtrait par l’interstice. Il s’annonça, mais n’obtint aucune réponse. Il prit finalement la liberté d’entrer, supposant que la porte avait été ouverte à son intention. Ce qu’il découvrit lui arracha un hurlement. Il s’enfuit pour aller alerter ses collègues et appeler les secours.»