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Trump: ça va mal finir

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Photo AFP Le président Trump vient encore de montrer son côté autoritaire. Comment agirait-il si les électeurs lui montraient la porte ?

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Donald Trump a montré ces derniers jours les signes les plus inquiétants. Menace d’utiliser l’armée contre sa propre population, coup de force pour une séance de prise d’images, menace de fermer des médias sociaux, il se comporte de plus en plus en despote. Difficile de s’imaginer qu’il dirige l’une des plus grandes démocraties du monde.

Le secrétaire à la Défense a dû se dissocier de lui, au risque de perdre son poste. Il ne serait pas le premier à se faire couper la tête par le président Trump en tentant de tenir tête à ses dérives.

Sa façon d’agir m’a conduit à me questionner sur ce qui pourrait arriver cet automne. Personnellement, je crois que Donald Trump sera battu. Mais rien n’est moins sûr. Ses chances de gagner sont encore bien réelles et il lui reste une base politique étonnamment solide.

Perdant !

Imaginons pour un instant le scénario ou le président Trump fonce vers une défaite électorale. Qui croit qu’il va se battre honorablement jusqu’à la fin et concéder la défaite le soir du vote ? Dans les derniers jours de la campagne, il va crier à la tricherie, se dire victime d’une escroquerie.

Le système électoral, les médias, les institutions américaines, tout va y passer. Un Trump humilié ou en voie de l’être va pratiquer la politique de la terre brûlée. « Après moi, le déluge ! » constitue la devise du leader narcissique.

La raison qui pousse les leaders politiques à accepter la défaite même si elle est douloureuse, c’est la foi dans le fait que les institutions du pays sont plus importantes que leur personne. Mais à de multiples reprises, Trump a prouvé son faible respect des institutions démocratiques.

La Justice, la Constitution, le Parlement, tout ça n’a de valeur que s’ils servent sa personne et ses plans. S’ils sont de travers sur son chemin, il leur marche dessus. Il ne fait même pas semblant : il exprime publiquement son mépris.

Fureur et réaction

Imaginez-le dans la colère de la défaite. Qui pense qu’il agira avec dignité ? Qui pense qu’il fera un discours honorable affirmant que la démocratie a parlé en souhaitant bonne chance à son successeur ? Difficile à imaginer.

Jusqu’où pourrait aller Donald Trump pour faire dérailler le processus électoral et pour empêcher une passation du pouvoir harmonieuse à un président démocrate ? Je n’ose même pas y penser. Les États-Unis pourraient vivre une crise sans précédent.

Mais une crise politique, une crise constitutionnelle, c’est loin d’être le pire des scénarios. Le président jouit d’un support indéfectible d’une frange de la population dont la partisanerie n’a plus de limite. Des gens pour qui les adversaires de Trump sont l’incarnation du Diable.

Trump pourrait-il encourager ses supporters les plus militants à se soulever ? Faut-il rappeler que nombre de défenseurs mordus du président sont lourdement armés ? Ils n’hésitent pas à dire que des citoyens doivent être armés « pour défendre leurs droits ».

Comment ça pourrait bien finir ???